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"Expliquez-nous": pourquoi la star Hugh Grant a-t-il insulté Boris Johnson publiquement?

Le débat devient hystérique en Angleterre. Depuis que le premier ministre Boris Johnson a suspendu les activités du Parlement, l’opposition parle de coup d’état ou de dictature. Même l’acteur Hugh Grant se met à insulter Boris Johnson.

Il est si distingué habituellement l’acteur de "Coup de foudre à Notting Hill". Mais visiblement quand il est en colère, il change de registre de vocabulaire.

Voici ce Hugh Grant a écrit à Boris Johnson dans un tweet: "Tu ne vas pas foutre en l’air l’avenir de mes enfants. Tu ne vas pas détruire les libertés que mon grand-père a défendues au cours de deux guerres mondiales. Va te faire foutre, toi et ton petit gang de branleurs".

Un cri du cœur qui vient après les propos du chef de l’opposition, Jeremy Corbin, qui parle d’une "démocratie prise en otage". Ou bien après les déclarations de la première ministre écossaise qui parle d’une "décision digne d’une dictature". Visiblement les britanniques sont en train de perdre leur calme.

Ce qui a mis le feu aux poudres

La décision de suspendre les activités du parlement du 9 septembre au 14 octobre a été l'élément déclencheur. Cinq semaines sans session à Westminster, alors que la date limite prévue pour le Brexit, la sortie de l’Angleterre de l'Europe, est fixée au 31 octobre.

La manœuvre du Premier ministre est claire: empêcher les députés de voter un texte contre la sortie dur, sans accord. ce qu’on appelle le "no deal". Les empêcher d’essayer de repousser encore une fois la date de sortie.

Cette suspension du parlement est-elle légale?

Ce n’est pas illégal, les manifestants qui parlent de coup d’Etat exagèrent. D'ailleurs, la reine a signé sans rechigner cette suspension de 5 semaines. Simplement, c’est une première, habituellement les suspensions ne durent que quelques jours avant ou après des élections.

Jamais les députés n’avaient été aussi longtemps renvoyé chez eux, censurés, alors que l’avenir du pays est en train de se jouer.

Pourquoi une telle décision? 

Boris Johnson veut en finir. Ça fait deux ans et demi que les Britanniques ont choisi le divorce par référendum. Boris Johnson s’est fait élire en juillet en promettant la sortie de l’Europe “coûte que coûte” au 31 octobre, avec ou sans accord. Il s’en donne les moyens et passe en force. Parce qu’il sait que les députés pouvaient voter un texte l’obligeant à reprendre les négociations avec Bruxelles ou bien un texte pour repousser la date. 

Là, cela ne devrait plus être possible puisque le parlement reprendra ses activités seulement 15 jours avant le 31 octobre. En attendant, tout est encore possible. La chambres des communes va se réunir la semaine prochaine pour quelques jours de sessions avant la suspension. Ça va être chaud.

Boris Johnson aura face à lui une opposition chauffée à blanc et dans son dos, des députés de son propre camp, très énervés aussi. La vieille démocratie anglaise va nous donner un grand spectacle politique.

Nicolas Poincaré