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Faut-il interdire les sondages à 15 jours de l'élection présidentielle?

Les sondages d'intention de vote sortent quasiment tous les jours à l'approche du premier tour de la présidentielle, le 10 avril. Mais est-ce utile et surtout ont-ils une influence sur le vote?

De nos jours, les sondages font partie intégrante de notre société. Taux de satisfaction pour un produit, étude de marché, et en période électorale bien sûr, les sondages politiques. Ils sont publiés quasiment tous les jours et sont extrêmement scrutés. Et pour certains, ils sont tellement omniprésents qu’ils peuvent quelques fois influencer l’opinion.

Alors faudrait-il supprimer les sondages lorsqu’on arrive dans la dernière ligne droite d’un scrutin comme c’est le cas avec la présidentielle à venir dont le premier tour aura lieu le 10 avril?

Le quotidien Ouest-France, plus gros tirage de presse écrite en France, a fait le choix de ne pas publier de sondages pour cette élection. Pour François-Xavier Lefranc, rédacteur en chef de la rédaction, le problème des sondages, c’est qu’on passe énormément de temps à les commenter, les analyser, et par conséquent on parle moins des sujets “vraiment important”.

“On ne fait pas de sondage, on n’en publie pas, parce qu’on n’accepte pas le temps médiatique qu’occupe les sondages. Je ne mets en cause les gens qui font les sondages, je mets en cause les médias, notre profession, qui passe beaucoup trop de temps à travailler sur les sondages et pas assez de temps à être près des gens, à écouter ce qu’ils ont à dire. A 15 jours de l'élection, au lieu de parler de pourcentages, on devrait parler de la santé, du climat, du grand-âge, on devrait avoir du débat…”, détaille-t-il dans Estelle Midi ce vendredi sur RMC et RMC Story.

Une influence sur le vote?

Mais supprimer les sondages deux semaines avant l’élection, c’est quelque chose auquel Laurent Dandryeu, rédacteur en chef de Valeurs Actuelles, est opposé.

“Cela ne me semble pas du tout être une bonne idée parce qu’il me semble que le principe d’une élection démocratique, c’est que les gens soient le mieux informé, le plus complètement possible. Et les sondages, c'est une information sur une tendance à un moment donné. Ce n’est pas un pronostic, c’est un élément d’information”, explique-t-il.

De son côté, Estelle Denis avance un autre argument, celui du vote. En effet, selon elle, les sondages influencent les électeurs qui peuvent ne pas se rendre au scrutin par exemple si leur candidat est largement en tête, ou au contraire s’il est totalement décroché. “Si vous n’avez pas de sondage, vous allez peut-être aller voter parce que vous n’êtes pas sûr que votre candidat va être élu ou pas élu”, indique-t-elle.

Guillaume Descours Journaliste RMC