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"Il est tout-puissant": Cyril Hanouna présente des demi-excuses après avoir insulté Louis Boyard

Cyril Hanouna a présenté des excuses à demi-mot ce dimanche sur Twitter. Trois jours avant, il avait insulté en direct sur C8 le député de la Nupes Louis Boyard, qui tentait d'évoquer des affaires de corruption qui concernent Vincent Bolloré, le principal actionnaire du groupe Canal+.

Après la polémique et les insultes, des excuses à demi-mot. Le présentateur de Touche pas à mon poste Cyril Hanouna a présenté ses excuses pour les insultes proférées à l'encontre du député LFI Louis Boyard jeudi en direct sur C8.

"Je suis entier, loyal, sincère, et je serai toujours moi-même à l'antenne. Je suis sanguin et vrai comme certains politiques. La seule chose que je regrette, c'est de l'avoir insulté, c'est pas un bon exemple. Pour le reste, je ne regrette rien et je défendrai toujours mes amis", a assuré l'animateur dimanche sur Twitter, en faisant référence notamment à son "ami" Vincent Bolloré.

"Sur les chaînes de Vincent Bolloré, on doit pouvoir parler de Vincent Bolloré"

Jeudi, Cyril Hanouna avait traité en direct l'élu de la Nupes Louis Boyard de "merde", d'"abruti" ou encore de "bouffon", après que ce dernier a évoqué les affaires de corruption qui visent Vincent Bolloré, le patron de Canal+ et de facto de la chaîne C8.

Pour l'avocat Charles Consigny, Louis Boyard semblait être venu "pour faire un coup" et donnait l'impression d'avoir prémédité son intervention, mais il estime que la censure n'a pas lieu d'être. "On avait le sentiment que prononcer le nom de Bolloré créait chez les gens sur le plateau des sueurs froides à l’idée de se dire: 'Si on laisse passer ça, on va se faire virer'", assure-t-il ce lundi sur le plateau des "Grandes Gueules".

"Je déteste la censure, il n’y a pas pire climat. Y compris sur les chaînes de Vincent Bolloré, on doit pouvoir parler de Vincent Bolloré", estime Charles Consigny sur RMC et RMC Story.

"Jamais vu un tel degré de violences contre un invité"

L'économiste Thomas Porcher déplore une séquence qui est allée "trop loin", mais il estime que les politiques ne devraient pas faire semblant de découvrir le principe de l'émission. "Ils sont nombreux, du gouvernement ou de La France insoumise, à être allés sur le plateau d'Hanouna. Aujourd'hui, ils disent 'attention, ça va trop loin'. Faire comme s'ils découvraient la société du buzz alors qu'eux-mêmes en font partie, je trouve ça limite", tacle-t-il.

"La façon de faire taire Louis Boyard en l'insultant de cette façon, je n'ai jamais vu un tel degré de violences contre un invité", s'indigne de son côté Barbara Lefebvre. "Ce qu'on voit à travers cette séquence, c'est que Cyril Hanouna est tout-puissant. Tous les chroniqueurs se sont regardés les pieds à ce moment-là", croit-elle savoir.

La séquence a poussé La France insoumise à saisir l'Arcom, l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique, ex-CSA. Dans la foulée, Louis Boyard a demandé à l'Assemblée nationale l'ouverture d'une commission d'enquête, voulant auditionner Vincent Bolloré et Cyril Hanouna dans l'hémicycle.

Les affaires africaines de Vincent Bolloré

Vincent Bolloré, le président du groupe Canal+ et propriétaire des chaînes C8 et CNews notamment, est poursuivi dans plusieurs affaires en Afrique en raison des activités économiques de son groupe. En 2021, le groupe Bolloré avait accepté de payer une amende de 12 millions d'euros à la justice française, reconnaissant avoir favorisé la réélection du président togolais Faure Gnassingbé en lui sous-facturant des services de communication.

Le milliardaire français et son groupe sont également poursuivis devant la justice française par 145 Camerounais, qui dénoncent les conditions d'exploitation de l'huile de palme dans le pays.

G.D.