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"Il faut un minimum de décence": la veste de nouveau obligatoire à l'Assemblée nationale

L'Assemblée nationale a rétabli le caractère obligatoire du port de la veste de costume pour les hommes. Un retour à l'initiative du député LR Eric Ciotti, qui vise directement certains élus de la Nupes après une passe d'armes entre les deux camps sur le sujet en juillet dernier.

Le débat avait animé le début de la nouvelle législature à l'Assemblée nationale, le voilà tranché. Mercredi, les députés ont rétabli le caractère obligatoire de la veste de costume dans l'hémicycle, recommandant au passage fortement le port de la cravate. C'est Eric Ciotti (LR) qui avait mis à l'ordre du jour le sujet de la "tenue vestimentaire en séance". D'abord recommandé par le bureau, un vote en a acté le caractère obligatoire.

Ce vote intervient après une première passe d'armes en juillet dernier entre des députés républicains et insoumis, plus particulièrement entre Eric Ciotti et son jeune collègue Louis Boyard. Le premier avait à l'époque déjà demandé à la présidente de l'Assemblée nationale de rendre le port de la cravate obligatoire. Dans la foulée, le second avait répondu en demandant "l'interdiction des costumes aux prix indécents".

"Ce n'est pas un défilé de mode"

"Les députés Nupes, ils n'ont aucune décence vestimentaire. Ils représentent quand même les Français, je trouve que c'est inadmissible. On ne leur demande pas d'arriver avec la cravate mais d'être à moitié décent", lance l'avocate Sarah Saldmann, très remontéen, dans "Les Grandes Gueules" sur RMC et RMC Story.

A contrario, pour l'économiste Thomas Porcher, l'hémicycle n'est pas un podium. "L'Assemblée nationale, ce n'est pas un défilé de mode", rappelle-t-il. "C'est très franco-français tout ça. Je suis prof et dans mon domaine de l'énergie, le plus grand professeur au monde, Richard Todd, vous regardez son style, on dirait un chanteur de rock", cite-t-il à titre d'exemple.

L'enseignant Kevin Bossuet juge que le plus important reste le travail des députés: "Que Louis Boyard soit en chemise ou en cravate, je m'en fiche". "Il faut un minimum de décence. Ce que j'ai vu à l'Assemblée nationale ne m'a pas choqué, au contraire des invectives, des insultes et des cris", déplore l'enseignant, ajoutant ne pas être rigide non plus sur la tenue de ses élèves.

Quant aux députés, ils pourront faire usage de leur avance de frais de mandat, qui s'élève à 5.561 euros mensuels, pour s'acheter de nouvelles vestes et éventuellement des cravates.

G.D.