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"Il ne changera jamais": après l'interview d'Emmanuel Macron, l'opposition se dit méprisée

Le président de la République Emmanuel Macron n'a pas épargné les oppositions dans son interview du 14-Juillet, quelques jours seulement après le rejet à l'Assemblée d'un article clé de la loi sanitaire visant à donner la possibilité de rétablir le pass sanitaire aux frontières. Des propos qui font vivement réagir les membres de cette opposition.

De nombreux sujets ont été abordés par Emmanuel Macron lors de son interview du 14-Juillet, ce jeudi. Le chef de l’Etat a notamment passé en revue l’inflation et le pouvoir d’achat, les retraites, la sécurité, la 7e vague de Covid, le projet de loi sanitaire… Une loi sanitaire qui a d’ailleurs provoqué des remous à l’Assemblée cette semaine lorsque les députés de l’opposition ont voté contre un article clé de cette loi.

Jeudi, Emmanuel Macron a qualifié ce vote contre le retour du pass sanitaire aux frontières de “coup de chaud nocturne”. Une façon de mépriser les oppositions selon Fabien di Filippo, député LR de Moselle.

“Venir avec un peu de mauvaise foi, mais aussi avec l’esprit d’un mauvais perdant, tacler les oppositions sur ce qui s’est passé mardi, qui était tout simplement l’essence du débat parlementaire, je pense que tout ça était assez malvenu. C'était même très injuste”, estime-t-il.

En voulant dédramatiser la majorité relative, c'est surtout la preuve, pour le député RN de Moselle Laurent Jacobelli, qu'il n'entend pas les Français. “Ceux qui pensaient qu’Emmanuel Macron était capable de changer auront compris que c’est impossible. Il est optu, têtu et il ne changera jamais alors qu’il n’a pas compris le rejet justement d’une dureté sociale. Ça va être compliqué”, assure-t-il.

Un recours au référendum pas écarté

Le président appelle pourtant les oppositions à des compromis responsables, notamment sur la réforme des retraites. Un discours intenable pour Alexis Corbière, député LFI de Seine-Saint-Denis.

“Il voit bien qu’il est face à un obstacle, mais il pense de manière non-discutable qu’il faut travailler plus longtemps. Ce qui est assez cocasse, c’est qu’il appelle à des compromis, mais il part de cet axiome que les Français devront travailler plus longtemps”, constate-t-il.

En cas de blocage parlementaire, Emmanuel Macron n'exclut pas de recourir au référendum.

Hélène Terzian avec Guillaume Descours