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Insécurité: comment lutter contre le trafic de drogue et le sentiment d’abandon?

"Les 12 travaux du président Macron". Jusqu’au 13 mai, "Apolline Matin" sur RMC et RMC Story aborde tous les jours à 7h10 les défis du second mandat d’Emmanuel Macron. Quatrième volet ce mardi sur l’insécurité.

Comment mettre fin à l’insécurité et au trafic de drogue? C’est un des gros chantiers du nouveau quinquennat d’Emmanuel Macron, auquel RMC s’est intéressé mardi dans sa série "Les 12 travaux d'Emmanuel Macron", après les salaires, les retraites ou encore l'écologie.

"Tout le monde sait mais personne ne fait rien"

Exemple dans le quartier de Greuze, à Dijon. Le 12 mars dernier, Mehdi, un jeune homme de 23 ans, est mort tué par balles sur un point de deal. "Il était 22h30, il était en bas de chez sa grand-mère, assis sur une chaise avec ses amis. Deux jeunes sont arrivés en moto et ils ont tiré sur mon fils: une balle dans la jambe droite, une balle dans la jambe gauche et une troisième au niveau des poumons", raconte sa mère, Inès, au micro de RMC. Mehdi succombe à ses blessures dans la voiture qui l’emmène aux urgences.

La mère de famille en veut "à ceux qui ont forcé mon fils à vendre de la drogue, à la Police, à Dijon Habitat", énumère-t-elle. "Tout le monde sait qu’il y a du trafic mais personne ne fait rien. Emmanuel Macron s’en fiche de ce qu’il se passe dans les quartiers. Les jeunes sont laissés à l’abandon", poursuit Inès.

"La drogue va être le problème numéro 1"

"Aucun ministre de l'Intérieur depuis 20-30 ans n’a réussi à enrayer cette progression exponentielle. Il y a une multiplication des quartiers gangrenés, et pas seulement autour des très grandes villes comme c’était le cas il y a 25 ans. Aujourd’hui, on a des règlements de compte dans des quartiers inattendus et excentrés", constate Frédéric Ploquin, grand reporter spécialisé dans le banditisme et la Police, qui qualifie la drogue de "cœur nucléaire du crime". "La drogue va être le problème numéro 1 en matière de lutte contre l’insécurité réelle et le sentiment d’insécurité", estime-t-il aussi.

"Reconquérir les territoires où les habitants se sentent abandonnés"

"La première chose qui a été faite au cours des cinq dernières années, c’est la prise de conscience de l’ampleur du phénomène. Le ministère de l’Intérieur a formulé les choses, a admis que l’économie souterraine drainait environ 4 millions d’euros par an", continue Frédéric Ploquin. Mais pour agir concrètement, les solutions manquent. "Aucun pays n’arrive vraiment à contrôler la pieuvre mafieuse qui se situe derrière les points de deal. Si on veut vraiment lutter, le problème est à l’échelle internationale. Localement, il faut une présence accrue, permanente et régulière dans les quartiers. L’enjeu va être de reconquérir ces petits morceaux de territoire où les habitants se sentent abandonnés", explique-t-il toujours sur RMC.

Dans le volet sécuritaire de son programme, Emmanuel Macron avait déclaré vouloir créer 10.000 postes de policiers et gendarmes en plus. Objectif: doubler la présence des forces de l’ordre sur la voie publique, dans les transports et en zone gendarmerie d’ici à 2030. Dans les quartiers sensibles, il proposait un nouveau dispositif dédié, une force d’action républicaine composée de policiers, de magistrats et d’équipes éducatives. Emmanuel Macron promettait également de tripler le budget de la vidéo-surveillance et de développer la lutte contre la cybercriminalité.

Florian Chevallay