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"Je ne veux pas diviser le pays": Macron va-t-il vraiment fléchir sur la retraite à 65 ans?

Le président sortant Emmanuel Macron, qualifié pour le second tour de l'élection présidentielle, a évoqué un possible fléchissement sur son projet d'allongement de l'âge de départ à la retraite.

Le président-candidat se dit prêt à "bouger" sur son projet contesté de retraite à 65 ans. Peut-être 64 ans au lieu de 65, peut-être par un référundum aussi. Cette réforme était pourtant un point majeur de son projet présidentiel, et Christophe Castaner l'avait même défendu sur notre antenne lundi matin.

C'est ainsi une concession inattendue qui a mûri tout au long de son premier déplacement d'entre-deux-tours lundi dans le Nord et le Pas-de-Calais. C'est du bassin minier, terres lepénistes et de gauche, qu'Emmanuel Macron a voulu détailler sa réforme.

"Personne ne veut sérieusement baisser les pensions ou réduire le pouvoir d'achat des travailleurs. Je suis prêt à discuter du rythme, et des bornes", a-t-il lancé sur BFMTV.

Travailler jusqu'à 65 ans permettra, selon lui, d'indexer les pensions sur l'inflation dès le 1er juillet 2022 et d'augmenter la retraite de base à 1.100 euros.

"Cette réforme ne se fera pas du jour au lendemain, je ne veux pas diviser le pays"

Mais face à l'insistance des questions des Français croisés sur le terrain durant toute cette journée, Emmanuel Macron semble avoir bougé en temps réel. "Cette réforme ne se fera pas du jour au lendemain, je ne veux pas diviser le pays", assure t-il.

Le candidat se dit même prêt à discuter du rythme et de l'échéance. La retraite à 65 ans en 2030 ne serait plus un dogme. En fonction du dialogue politique et social, le rallongement de la durée de cotisation pourrait s'arrêter avant, et donc ne plus aller jusqu'à 65 ans laisse entendre le candidat, un gage envoyé aux électeurs de gauche, alors que 7.714.949 Français ont voté pour Jean-Luc Mélenchon dimanche.

Jérémy Trottin (édité par J.A.)