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Présidentielle: le match Macron/Le Pen a déjà commencé à distance

Photomontage réalisé le 10 avril 2022 du président français Emmanuel Macron (7 mars 2017 à Paris) et de la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen (20 octobre 2021 à Paris)

Photomontage réalisé le 10 avril 2022 du président français Emmanuel Macron (7 mars 2017 à Paris) et de la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen (20 octobre 2021 à Paris) - Joël SAGET, Eric Feferberg © 2019 AFP

Les deux adversaires au second tour de la présidentielle battent déjà le pavé pour mobiliser derrière eux, alors que le duel du 24 avril s'annonce serré.

À peine les résultats définitifs du premier tour de la présidentielle tombé, le match entre les deux vainqueurs a commencé. Mais avant un débat d’entre-deux-tours prévu le mercredi 20 avril, c’est à distance et au contact des Français que Marine Le Pen et Emmanuel Macron s’affrontent

Fort de ses 27,84% de voix au premier tour, le président sortant s’est rendu ce lundi à Denain, une commune du Nord. Devant une habitante, il a assuré que son souhait "d’emmerder les non-vaccinés", était une phrase affective, avant de se dire prêt à faire des compromis:

"Je ne veux pas faire comme si de rien n'était, j'ai entendu le message de ceux qui ont exprimé des voix extrêmes, y compris ceux qui ont voté pour Marine Le Pen. Je sais que des gens voteront pour moi pour faire barrage. Je veux convaincre donc peut-être, compléter mon projet", a-t-il ensuite lancé alors que le duel s’annonce serré.

Pour convaincre les réticents, Emmanuel Macron a assuré être prêt à modifier son programme: "Le projet peut être enrichi, ce n'est pas à prendre ou à laisser (...) Je suis prêt à discuter le rythme et les compléments de mon programme", a ajouté le chef de l'Etat.

"Je vois les nuages s'amonceler et un président qui fait mine de ne pas les voir"

De son côté Marine Le Pen a vanté son expérience du second tour, auquel elle avait déjà accédé en 2017, déjà face à Emmanuel Macron : "Nous abordons ce second tour avec une expérience. Celle d'il y a cinq ans va être très utile", a-t-elle lancé depuis son QG parisien avant d’annoncer un déplacement non-prévu dans l’Yonne où elle a rendu visite à un agriculteur céréalier.

Là-bas, elle a en a profité pour tacler le président de la République à propos du pouvoir d'achat: "Je vois tous les nuages s'amonceler et un président de la République qui fait mine de ne pas les voir", a assuré Marine Le Pen en évoquant les hausses des prix: "On avait déjà eu une augmentation avant la guerre en Ukraine, les prix des fruits et légumes avaient déjà augmenté de 25% sur le quinquennat. Personne n'en parlait", a-t-elle martelé.

"Je n’ai pas attendu Macron pour faire campagne sinon je n’aurai jamais commencé. Qu’il aille à Denain, ville la plus pauvre de France, pour voir les conséquences de sa politique, j’espère qu’il en sortira avec la conscience qu’elle a fait beaucoup de mal", a ajouté Marine Le Pen.

Avant le second tour, Marine Le Pen doit tenir des "conférences de presse dans l’objectif d’expliquer aux Français qui vont être très largement désinformés entre les deux tours, quel est notre projet", a assuré la députée du Pas-de-Calais.

Guillaume Dussourt