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L'ex-ministre Damien Abad de retour à l'Assemblée nationale

Sous le coup d'une enquête pour tentative de viol, Damien Abad, ici le 3 mai 2022 à Paris, pourrait quitter le gouvernement

Sous le coup d'une enquête pour tentative de viol, Damien Abad, ici le 3 mai 2022 à Paris, pourrait quitter le gouvernement - STEPHANE DE SAKUTIN © 2019 AFP

L'ancien ministre Damien Abad, qui a été écarté du gouvernement à la suite de plaintes de viol, est revenu depuis lundi sur les bancs de l'Assemblée nationale.

L'ex-ministre Damien Abad, visé par des accusations de viols, est revenu depuis lundi sur les bancs de l'Assemblée nationale, où il siège dans la majorité. Le député de l'Ain, apparenté au groupe LREM, était présent mardi pour la séance des questions au gouvernement.

"Aujourd'hui (lundi) à l'Assemblée nationale pour le débat sur le projet de budget rectificatif", avait-il tweeté la veille.

L'ancien chef des députés LR avait été nommé en mai ministre des Solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées, prise du président Emmanuel Macron à droite. Mais dès le lendemain de sa nomination, Mediapart relayait des accusations à son encontre de viols, datant de 2010 et 2011. Les plaintes furent classées en 2012 puis 2017.

Fin juin, une plainte était cependant une nouvelle fois déposée avec, à la clef, l'ouverture d'une enquête préliminaire pour tentative de viol. Damien Abad est sorti du gouvernement début juillet, les "conditions de sérénité" n'étant "plus présentes", avait dit Olivier Véran, porte-parole du gouvernement.

"Choquant" pour Clémentine Autain

Son retour à l'Assemblée nationale "est choquant" et "ça ne passe pas comme une lettre à la poste", a réagi Clémentine Autain (LFI). Selon elle, "ce n'est pas banal d'avoir un député parmi les 577 qui est accusé de viol avec usage de drogue".

Certains macronistes étaient également mal à l'aise. "S'il y avait des interpellations en interne, une décision serait prise collégialement" sur son sort au sein du groupe LREM, selon un cadre. "Pour l'instant, il faut vivre avec".

"Nous ne sommes pas embarrassés mais débarrassés", a estimé pour sa part Olivier Marleix, président des députés LR. "La patate chaude est ailleurs", selon son collègue de droite Patrick Hetzel.

Damien Abad, réélu député de l'Ain le 19 juin pour un troisième mandat, affirme lui que les accusations qui l'ont conduit à quitter le gouvernement sont des "calomnies ignobles", ainsi qu'une "redoutable arme politique dans les mains d'esprits malveillants".

La rédaction avec AFP