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Législatives: Emmanuel Macron appelle les Français à un "sursaut républicain" face à l'abstention

Emmanuel Macron

Emmanuel Macron - GONZALO FUENTES / POOL / AFP

Le président de la République, Emmanuel Macron, s'est exprimé ce mardi, deux jours après le premier tour des élection législatives. Il a demandé aux Français de donner "une majorité solide" pour "l'intérêt supérieur de la Nation".

Emmanuel Macron s’est exprimé ce mardi, deux jours après le premier tour des élections législatives. Le président de la République, qui a pris la parole depuis le tarmac de l’aéroport d'Orly où il doit prendre un avion pour se rendre en Roumanie, a insisté sur la nécessité d’obtenir une majorité “solide” au nom de “l’intérêt supérieur de la Nation”.

"Nous sommes à l'heure des choix et les grands choix ne se font jamais par l'abstention. J'en appelle donc à votre bon sens et au sursaut républicain", a-t-il ajouté sur le tarmac de l'aéroport, estimant que "dimanche aucune voix ne doit manquer à la République".

"Ni abstention, ni confusion, mais clarification", a-t-il proclamé sur un ton solennel, avant de se rendre sur une base de l'Otan en Roumanie pour saluer les 500 soldats français qui y sont déployés et d'effectuer une visite de soutien à la Moldavie et un possible déplacement à Kiev.

Un appel à un "sursaut républicain"

"Je veux aujourd'hui vous convaincre de donner dimanche une majorité solide au pays", a affirmé le chef de l'État, expliquant qu'il a "besoin d'une majorité solide pour assurer l'ordre à l'extérieur comme à l'intérieur de nos frontières".

"Rien ne serait pire que d'ajouter un désordre français au désordre mondial", a-t-il prévenu, appelant à porter "avec force et fermeté la liberté, l'égalité, la fraternité, la laïcité".

Il a assuré avoir entendu "les difficultés qui se sont exprimées" lors du premier tour de dimanche où la majorité sortante est arrivée au coude à coude avec la Nupes devant le Rassemblement national, un résultat qui ne garantit que le chef de l'État puisse compter sur une majorité absolue lors de son deuxième quinquennat. "Face aux crises qui ne manqueront pas de survenir, rien ne serait pire que de nous perdre dans l'immobilisme, dans le blocage, dans les postures", a affirmé Emmanuel Macron.

"Nous avons pour cela besoin d'une majorité solide pour garantir notre indépendance", a-t-il insisté, devant l'avion qui l'emmène dans sa première tournée dans le sud-est de l'Europe directement affecté par l'invasion de l'Ukraine fin février.

Cette prise de parole a rapidemment été commenté par l'opposition. Jean-Luc Mélenchon a estimé sur son blog que "le coup de l'allocution sur le tarmac est raté après tant d'autres".

"J'ose à peine dire que ça fait réchauffé compte tenu de la température. Ce sketch à la Trump pour mettre en garde contre l'ennemi de l'intérieur est le symbole d'une époque", a déploré le chef de file de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes), estimant que "Macron coule. Dans les urnes, à part chez les plus de soixante ans. Dans les sondages et dans l'autorité sur les siens, le drapeau est en berne", a-t-il indiqué.

Le secrétaire national d'EELV Julien Bayou, a de son côté dit avoir "l'impression qu'on a un président qui tout simplement perd ses nerfs et qui fait preuve d'une grande fébrilité". Pour lui, "il y a une sorte de panique qui gagne la Macronie mais avant tout parce que tout simplement le mandat d'Emmanuel Macron n'a pas convaincu, il a été réélu par défaut".

La rédaction avec AFP