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Législatives: Jean-Luc Mélenchon peut-il être Premier ministre avec ces résultats?

Jean-Luc Mélenchon, leader de la Nupes, l'union de la gauche pour les législatives, demandait à être "élu Premier ministre" en obtenant une majorité à l'Assemblée nationale. Les résultats de dimanche permettent-ils d'imaginer un tel scénario?

"Je vous appelle à m'élire Premier ministre". Jean-Luc Mélenchon avait demandé dès l'issue de l'élection présidentielle il y a un mois à "choisir une autre voie" et à élire à l'Assemblée nationale des candidats issus d'une Union populaire qui devait "s'élargir".

Après une union des gauches finalement négociée avec le PS, EELV et le PCF, la "Nupes" est néé en vue du scrutin législatif, et leurs candidats ont donc fait jeu égal dimanche avec les candidats de la majorité "Ensemble". Les candidats de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes) sont arrivés en 2e position du scrutin avec 25.66% des suffrages exprimés derrière les 25.75% de suffrages du parti présidentiel.

"Ce n'est pas l'hypothèse la plus probable, mais..."

Ces résultats permettraient-ils à Jean-Luc Mélenchon de forcer une cohabitation et de s'installer à Matignon? Selon les projections de l'institut de sondages Elabe, ce sont les candidats macronistes qui ont le plus de chances d'avoir une majorité, qui pourrait en revanche ne pas être "absolue". La fourchette de sièges "Ensemble" au second tour est comprise entre 260 et 295 sièges, contre 160 à 210 sièges pour la Nupes selon les premières projections.

Une projection que nuance Bernard Sananès, président de cet institut de sondages, ce lundi sur RMC, qui n'écarte pas totalement la possibilité pour Jean-Luc Mélenchon de réussir son pari. "Ce n'est pas l'hypothèse la plus probable, mais la dynamique électorale est favorable à la Nupes", argue-t-il.

Que lui faudrait-il pour l'emporter?

Pour l'emporter, Jean-Luc Mélenchon, qui a déjà fait le plein de voix dimanche et qui ne dispose pas de réserves à gauche, devra obligatoirement aller chercher les abstentionnistes dimanche prochain. Les électeurs des classes populaires et des quartiers se sont moins mobilisés que lors de la présidentielle, avec au final une abstention historique de 52.49% sur tout le pays, soit 25.696.476 personnes inscrites sur les listes électorales qui n'ont pas pris la peine de se déplacer ou faire une procuration.

Si on regarde les chiffres de plus près, et si on suppose qu'Emmanuel Macron bénéficie du report d'une partie des voix des Républicains, c'est plus de 2 millions de nouveaux électeurs que la Nupes devrait aller chercher pour obtenir la majorité. Une "déferlante" que Jean-Luc Mélenchon appelait de ses voeux dimanche dans son discours post-résultats.

Certaines voix discrètes au sein de l'alliance de la gauche évoquent aussi la possibilité de récupérer des voix du côté du Rassemblement national, des électeurs "sensibles", selon ce cadre, aux propositions de la Nupes sur le pouvoir d'achat et les retraites. Une partie des électeurs du RN qui pourraient aussi, par stratégie, faire le choix des candidats de gauche pour battre certaines figures symboliques de la majorité sortante.

J.A. avec Jérémy Trottin