RMC

Les reconversions (parfois faciles) des députés sortants battus aux législatives

De nombreux députés sortants, de tous bords, ont dû faire leur retour à une "vie normale" de façon plus ou moins aisée. Certains sont surtout soulagés.

Suffit-il de traverser la route pour retrouver du travail? Sur la centaine de députés sortants qui n'ont pas été réélus aux dernières élections législatives, très peu sont encore au chômage aujourd'hui.

Le dernier recrutement en date est celui d'Eric Diard, ancien député LR des Bouches-du-Rhône. Il va devenir début octobre "directeur général adjoint de la région Sud", un titre un peu pompeux pour un job de coordination, du lundi au vendredi et "mieux payé" qu'à l'Assemblée selon l'intéressé. La région Sud, c'est la région de son vieil ami Renaud Muselier, qui a pourtant quitté Les Républicains avant les élections régionales pour se rapprocher d'Emmanuel Macron. Mais qu'importe.

Du coté de la majorité, un certain Bruno Questel, avocat de formation, vient d'intégrer le barreau de Paris. Quant au LR Julien Aubert, il a quant à lui retrouvé son fauteuil à la Cour des Comptes, son job d'origine, avant, dit-il, de trouver quelque chose de "plus rigolo" dans le privé.

"L'assemblée générale des moules-frites, j'ai donné"

Les couloirs de l'Assemblée nationale ne leur manquent pas vraiment. "Je pensais que j'allais regretter, nous dit l'un d'eux. Mais quand je regarde cette espèce d'Assemblée où rien ne va se décider pendant cinq ans, je me dis tant mieux! Ca me fatigue pour eux".

Et puis, il y a le travail en circonscription qui occupe une grande partie du mandat de chaque député. Et ça, ça ne va pas du tout manquer à cet ancien élu LR: "Franchement, j'étais à 10-15 événements tous les week-ends dans ma circo. C'est usant. L'assemblée générale des moules-frites, j'ai donné!".

"On va faire du surplace pendant cinq ans"

Les députés sortants ne mâchent pas leurs mots sur la situation actuelle, quel que soit leur bord politique. "Je suis effrayé, nous confie un ancien parlementaire. Le pays est une cocotte-minute, y'a plus de débats, ça va forcément finir par péter."

Et ce qui inquiète le plus les députés sortants, c'est l'absence de majorité absolue à l'Assemblée. "La macronie est morte, elle ne le sait pas encore et on va faire du surplace pendant cinq ans", juge un ancien député LR. "Moi je suis bien content de ne pas être là pour ramasser les morceaux", conclut-il.

Pierrick Bonno (édité par J.A.)