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Loi sanitaire: l'opposition vote contre la possibilité de rétablir le pass sanitaire aux frontières

Coup de tonnerre à l'Assemblée mardi soir. Les trois partis d'oppositions, la Nupes, le RN et LR, ont voté contre l'article 2 du projet de loi sanitaire qui vise à rétablir si nécessaire le pass sanitaire aux frontières, alors que le nombre de cas de Covid rebondit en France. Un vote vivement critiqué par la Première ministre, Élisabeth Borne.

Ambiance surchauffée à l'Assemblée nationale mardi soir. Les députés ont approuvé le projet de loi sanitaire pour maintenir un dispositif anti-Covid. Mais le texte a été amputé de sa principale mesure, l'article 2, qui prévoyait la possibilité de rétablir, si nécessaire, le pass sanitaire aux frontières.

Un article rejeté à la fois par le Rassemblement national, la Nupes, mais aussi les Républicains, qui revendiquent tous une victoire sur la macronie. Au total, 221 voix contre et seulement 187 pour. Le tout dans un hémicycle gagné par “une ambiance de stade de foot”, dixit un élu de la majorité, dépité.

Une alliance dénoncée par Elisabeth Borne

Un coup de théâtre, comme une première illustration de l'absence de majorité absolue pour le parti du président. Tard dans la nuit, à deux heures du matin, la Première ministre, Elisabeth Borne a tweeté: "L'heure est grave".

Elle dénonce une alliance entre les partis d'oppositions. Et dit désormais s'en remettre "à l'esprit de responsabilité" du Sénat, où le texte doit maintenant être étudié. En l'état, le texte est désormais réduit pour l'essentiel à son article 1 qui permet, en raison d'une situation épidémique toujours fragile, de continuer à collecter des données de santé sur les tests de dépistage (dispositif SI-DEP).

Deux autres articles restants, sur les modalités d'un suivi parlementaire, ont été fusionnés en un seul. "Ce texte, à l'issue du débat, ne ressemble plus à grand-chose", a estimé le député RN Sébastien Chenu. Les élus RN, LR et de la Nupes ont, tout au long des débats, multiplié les attaques contre le refus du gouvernement de réintégrer les soignants suspendus en raison d'un refus de se faire vacciner.

Cyprien Pézeril avec Guillaume Descours (Avec AFP)