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Face à des divergences, la Nupes peut-elle passer l'été?

Des députés qui veulent qu'on les désigne par leur parti d'origine, des désaccords sur la motion de censure contre Élisabeth Borne... Les dissidences semblent s'accumuler au sein de la Nupes et notamment entre les Insoumis et les autres partis de la gauche.

Ça a été une des attractions des élections législatives, la construction de la Nupes, l’alliance de gauche. Mais quelques semaines plus tard, on se demande si cet accord va tenir et passer l’été.

Des fissures apparaissent déjà. Dernier exemple en date, avec le vote de la motion de censure déposée par la gauche ce lundi soir. Six députés PS ne l’ont pas votée. Ce n’est pas beaucoup, mais quand même, c’est un symbole. D’autres reconnaissent avoir surtout voté par solidarité de groupe plus que par réelle conviction, mal à l’aise avec la stratégie radicale portée par la France insoumise.

Il y en a d’autres, dans les couloirs de l’Assemblée, ou au téléphone, qui s’agacent quand on leur dit qu’ils sont députés Nupes, qui préfèrent être désignés par leur parti d’origine. C’est notamment le cas de Fabien Roussel, qui l’a fait remarquer lundi à la fin de son interview avec Apolline de Malherbe sur RMC-BFMTV, en insistant sur le fait qu’il était “député communiste” et non Nupes.

Le patron des communistes qui râle, mais aussi un cadre écolo, pourtant initialement favorable à la Nupes: “Nos différences politiques ne doivent pas être escamotées par les Insoumis. Ils vont en permanence vouloir prendre le leadership, on ne doit pas se laisser faire”.

Des questions sur les universités d'été

Ces divisions naissantes vont-elles s’amplifier ? En tout cas, il y a un autre sujet de désaccord, c’est sur l’organisation des universités d’été. Jean-Luc Mélenchon voudrait bien une journée pour la Nupes, collée au rassemblement des Insoumis à Valence, dans la Drôme, fin août.

“Pas question que j’y aille”, prévient un socialiste. Un communiste ajoute: "Encore une fois, ils veulent qu’on se réunisse, mais derrière eux. C’est non". Une tête pensante enchaîne même, “ça ne sert à rien de mettre en scène une union et de crier Nupes tous ensemble, nous sommes un intergroupe à l’Assemblée, rien de plus”.

Alors, ça y est, ils ne sont déjà plus capables de travailler ensemble ? Quelques voix le craignent, comme ce stratège joint lundi par téléphone. “Cette union, ce n’est pas la solution gagnante”, déplore-t-il.

Mais les grands chefs continuent, eux, de discuter ensemble. C’est d’ailleurs une indiscrétion de RMC. Une réunion en visioconférence a eu lieu lundi matin entre les quatre patrons des partis de la Nupes pour parler de l'organisation. Pour la question des universités d’été, plutôt qu’un grand raout, on se dirige vraisemblablement vers des rassemblements par délégations de chaque parti, les uns chez les autres. Et pour un peu plus tard, en septembre, Fabien Roussel a proposé un débat entre eux, donc entre Fabien Roussel, Julien Bayou, Olivier Faure, et Jean-Luc Mélenchon, à la fête de l’Humanité. “Ils n’ont pas dit non”, respire un proche du communiste. Pourtant, là encore, pas d’euphorie. Un écolo prévient: “On peut discuter entre nous, mais en privé. Pas en public”.

On est donc loin de l’enthousiasme des premiers jours de la Nupes, dont on se souvient notamment de la grand-messe début mai avec tous les partis à Aubervilliers.

Le service politique de RMC