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LREM retire une investiture à une candidate voilée: "On a jamais tort quand on assume un positionnement politique" assume Aurore Bergé

Sur RMC, Aurore Bergé a défendu le retrait de l'investiture LREM à une liste de l'Hérault en raison de la présence d'une femme voilée.

Les époques se suivent et les polémiques se ressemblent. 10 après le NPA, c'est au tour de La République en marche de se déchirer après la publication d'une affiche électorale montrant trois candidats LREM aux départementales de l'Hérault et leur remplaçante Sarah Zemmahi, une femme portant le voile. 

Informé via Twitter par le numéro deux du Rassemblement national, Jordan Bardella, le délégué général du mouvement Stanislas Guerini a répondu à l'élu RN, toujours sur Twitter, en adressant un "ultimatum" à sa candidate: "Les valeurs portées par LREM ne sont pas compatibles avec le port ostentatoire de signes religieux sur un document de campagne électorale. Soit ces candidats changent leur photo, soit LREM leur retirera leur soutien".

Aussi tôt dit aussi tôt fait. Si plusieurs députés de la majorité ont contesté ce recadrage et les principaux intéressés ont assuré qu'ils ne changeraient rien, la direction du parti a décidé de retirer l'investiture La République en Marche à la liste.

"Pas souhaitable que ceux qui aspirent à devenir des élus de la République se présentent sous la bannière de l'appartenance à une communauté religieuse"

"La décision devait être prise pour qu'il n'y ait aucune ambiguïté sur le choix politique qu'est le notre. Il y a ce que permet la loi et ce que les partis politiques souhaitent ou ne souhaitent pas envoyer comme message à leurs concitoyens", a martelé ce mercredi matin sur RMC Aurore Bergé, déléguée du groupe LREM à l'Assemblée nationale, alors que rien n'interdit le port de signe religieux sur une affiche électorale.

"Ce qui n'est pas souhaitable, c'est que des hommes et des femmes qui aspirent à devenir des élus de la République se présentent à nos concitoyens sans être en capacité de les représenter parce qu'ils se présentent sous une bannière qui est celle de l'appartenance à telle ou telle communauté religieuse", a ajouté la députée.

Mais l'affaire aurait-elle pu être réglée en interne avant que le Rassemblement national ne vienne mettre le feu aux poudres? "Non", estime Aurore Bergé, qui assure avoir découvert, comme l'ensemble du parti, l'affiche avec le tweet de Jordan Bardella.

"Je n'avais pas connaissance de l'affiche électorale d'une candidate à Montpellier. J'entends la polémique, de savoir si l'on aurait du répondre à Jordan Bardella. De fait, on a jamais tort quand on assume un positionnement politique. Ce n'est pas tomber dans un piège que d'assumer clairement qui on est et de poser des repères" glisse-t-elle sur RMC.

"Le rassemblement national considère que la laïcité doit s'exercer à l'encontre de certains de nos compatriotes"

"Certains cherchent à combattre le RN à coup d'incantations sans jamais le combattre sur le fond des sujets, en traitant avec dédain un certain nombre de questions que les Français se posent. On ne peut pas en permanence être dans une logique de moralisation de considérer que les électeurs se trompent, qu'ils voteraient mal quand ils ne voteraient pas pour nous. La question c'est avec quelle manière doit-on combattre le RN? et on ne le combat pas en refusant de regarder les problèmes qui existent dans notre société", a plaidé Aurore Bergé.

Et diffuser l'affiche électorale ne suffisait visiblement pas au Rassemblement national. Dans la foulée, Jordan Bardella a qualifié Sarah Zemmahi, de "militante islamiste". "On a aucun élément qui permettrait de le dire", a assuré Aurore Bergé avant de s'en prendre au parti d'extrême-droite:

"Le rassemblement national considère que la laïcité doit s'exercer à l'encontre de certains de nos compatriotes parce qu'ils seraient musulmans. notre conception c'est que chacun est libre de croire ou de ne pas croire, de respecter ou de blasphémer. Par contre à partir du moment où vous entrez dans une campagne électorale et que vous vous affichez, on considère que c'est un dévoiement de ce qu'on considère la laïcité", a martelé la députée.

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La rédaction avec AFP