RMC

Marine Le Pen en Bretagne: "à part elle, il n'y a plus rien"

Il y a trois semaines, Marine Le Pen a mené une opération séduction sur une terre historiquement hostile au Front national: la Bretagne. Et pour arriver à ses fins, la candidate frontiste à l'élection présidentielle n'a pas hésité à renouer avec les fondamentaux du parti: l'immigration et l'insécurité.

La campagne présidentielle touche à sa fin. Pendant des semaines, des mois, les candidats ont battu le pavé, multipliant les déplacements aux quatre coins de la France. L'occasion pour Marine Le Pen d'aller à la rencontre des Français et de poursuivre son opération dédiabolisation afin d'être élue au poste suprême. Ainsi, il y a trois semaine, la candidate frontiste s'est rendue en Bretagne, une région historiquement hermétique aux idées du Front national. Et pourtant, force est de constater que le parti creuse lentement son trou.

Si à Rennes, par exemple, les militants frontistes distribuant les tracts reçoivent souvent un accueil glacial, Aymeric, l'un d'entre eux, se félicite tout de même. En effet, avant, ils n'avaient même pas le droit de faire campagne sur les marchés: "Les gens disaient qu'ils ne voulaient pas du Front national. Il y avait une forme d'ostracisme. Ils ne se renseignaient même pas. Mais aujourd'hui les gens prennent nos tracts et les lisent".

"C'est ici que se trouve le plus gros réservoir de voix"

Désormais, le FN fait partie du paysage et cela s'entend dans les conversations. "On y croit", "Il faut essayer", "A part Marine Le Pen, il n'y a plus rien", "Les gens n'osent pas trop dire (qu'ils soutiennent Marine Le Pen), mais ça change", entend-on par exemple sur la place de ce marché. Si en 2012, la candidate frontiste recueillait seulement 13% des voix, aujourd'hui, Gilles Penel, élu régional pour le FN, espère que la Bretagne fera gagner sa candidate.

"C'est dans des régions comme la Bretagne, ou l'Ouest, que se trouve le plus gros réservoir de voix et je pense effectivement que c'est ce qui va faire la différence dans cette élection présidentielle", argumente-t-il. Il faut dire que la crise du lait, du porc ou la crise industrielle dans plusieurs villes comme Rennes sont autant de thèmes porteurs pour les militants frontistes.

M.R avec Thomas Chupin