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"Monsieur Hanouna a complètement perdu ses moyens, son sang-froid" selon Manuel Bompard

Le député de La France insoumise Manuel Bompard était invité de RMC et BFMTV ce mardi matin. Il est revenu sur le clash entre Cyril Hanouna et Louis Boyard, en affirmant que son collègue de LFI n'était pas en tort.

Ce qui n’était, au départ, qu’un clash à la télévision, prend une dimension judiciaire. En effet, après leur violente joute verbale dans le cadre de l’émission Touche pas à mon poste sur C8 jeudi dernier, l’animateur Cyril Hanouna et le député LFI Louis Boyard ont tour à tour annoncé lundi qu’ils allaient porter plainte l’un contre l’autre. Louis Boyard accuse l’animateur de la chaîne d’insultes répétées tandis que Cyril Hanouna accuse le député de diffamation.

Invité sur RMC et BFMTV ce mardi matin, Manuel Bompard, député LFI et collègue de Louis Boyard, est revenu sur cette séquence, affirmant que le jeune député n’était absolument pas en tort dans cette affaire.

“Ce n’est pas un clash, ce n’est pas des injures réciproques, ce n’est pas ça qui s’est produit sur ce plateau. Ce qu’il s’est passé, c’est qu’un député de LFI en l'occurrence, mais ça aurait été un autre député, ça aurait été la même question, qui est venu sur ce plateau, a eu pour tort de critiquer les activités de monsieur Bolloré en Afrique sur une chaîne qui lui appartient. Et monsieur Hanouna a complètement perdu ses moyens, son sang-froid et s’est mis à insulter monsieur Boyard. Donc on ne va pas commencer à raconter que monsieur Boyard est coupable d’avoir reçu des insultes de la part de monsieur Hanouna”, estime Manuel Bompard.

Une proposition de loi à venir contre l'anti-concentration dans les médias

Selon lui, ce clash qui a tourné en insultes n’est pas un problème propre à La France insoumise.

“Il est inacceptable qu’un élu de la République, quelle que soit son étiquette politique, soit insulté sur un plateau de télévision. Et puis, quand on va sur une chaîne de télévision, on a le droit de dire ce qu’on veut, on a le droit de critiquer le patron de la chaîne, on a le droit de dire que ses activités en Afrique ne sont pas acceptables”, ajoute-t-il.

Manuel Bompard estime également que cette séquence révèle un autre problème, celle de la concentration des médias.

“Quand vous savez que 90% des médias sont possédés par neuf personnes, ça pose un problème démocratique, quand on voit l’importance qu’ont les médias dans notre vie démocratique. Donc aller reprocher à Louis Boyard d’avoir travaillé pour cette émission et lui dire après qu’avoir été payé l’empêche de critiquer le patron de cette chaîne, c’est une vision politique dans laquelle je ne me retrouverai jamais. C’est comme si vous dîtes aux salariés d’une entreprise qu’ils n’ont pas le droit de critiquer leur patron”, explique-t-il.

Il a affirmé que son groupe politique allait déposer une proposition de loi “d’anti-concentration dans les médias pour faire en sorte qu’il ne puisse plus y avoir de situation de monopole, qui fait que l’ensemble quasiment des médias sont détenus par une toute petite minorité”.

Guillaume Descours Journaliste RMC