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Ocean Viking: “L’Italie est en crise diplomatique avec tout le reste de l’UE” selon Nathalie Loiseau

La gestion du cas de l’Ocean Viking, un bateau secourant des migrants en mer Méditerranée et amarré à Toulon depuis ce vendredi 11 novembre, a créé de vives tensions diplomatiques entre la France et l’Italie. Pour la députée européenne Nathalie Loiseau, l’Italie est en crise diplomatique avec tout le reste de l’Union Européenne.

L’arrivée de l’Ocean Viking à Toulon (Var) vendredi fait couler de l’encre, et fait naître des tensions entre l’Italie et la France. Plus tôt, le gouvernement d’extrême-droite italien avait refusé que l’Ocean Viking s’amarre en Italie pour débarquer les quelque 230 migrants à son bord.

Une situation qui a alors poussé la France à ouvrir le port militaire de Toulon afin de pouvoir accueillir le navire et ses passagers. Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur, avait ensuite fustigé l’attitude des autorités italiennes après ce refus de l’Italie d’accueillir le bateau.

Samedi matin, au cours de l’émission La Matinale Weekend sur RMC, l’ancienne ministre des affaires européennes, Nathalie Loiseau, a été dans le sens des propos de Gérald Darmanin.

Selon elle, l’Italie n’a pas “rempli son devoir d’humanité” face à une situation grave. “Il y avait des malades, des blessés, des gens qui ont vécu des expériences traumatisantes en Libye avant de prendre le bateau. On ne laisse pas des malheureux en mer quand on sait que leur situation est critique”.

Et alors que la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, a qualifié la réaction "agressive" du ministre de l'Intérieur français, laissant place à la naissance d’une crise diplomatique, Nathalie Loiseau estime de son côté “qu’il y a une crise diplomatique entre l'Italie et tout le reste de l’Union Européenne”.

“Madame Meloni fait semblant de découvrir quelque chose qui existe depuis des années, c’est que toute l’UE est solidaire des pays en première ligne. (...) L'Italie savait parfaitement qu’elle bénéficierait de la solidarité européenne comme c’est le cas aujourd’hui pour la France, car 11 pays européens sont prêts à accueillir des passagers de l’Ocean Viking”, explique Nathalie Loiseau.

L’actuelle députée européenne du groupe Renaissance n’y va pas de main morte avec la nouvelle leader italienne, estimant que “Madame Meloni fait de la politique politicienne sur le sort de 200 personnes, et elle découvre que la France dit ce qu’elle a à dire tout en étant solidaire et humaine”.

“Le gouvernement de Madame Meloni sans surprise s’isole, il avait fait croire qu’il était pro européen, finalement plus modéré qu’on ne l’imagine, et puis son premier geste montre que c’est un gouvernement d’extrême droite, anti européen et qui découvre la réaction des Européens”, lance Nathalie Loiseau.

Soins, contrôles de sécurité et répartitions

Si les critiques sont sans équivoque envers le gouvernement italien, Nathalie Loiseau explique que la balle est dans le camp de l’Italie dans le cadre de la coopération européenne pour gérer les migrations sur son sol.

“C’est à Madame Meloni de voir si elle veut continuer de s’isoler ou si elle veut recommencer à travailler avec les européens. Il y a sur la table de l’UE un projet de pacte sur l’immigration et l’asile qui permet parfaitement de traiter ce genre de situation”, développe Nathalie Loiseau.

Pour la députée, il reste important de préciser que les migrants à bord de l’Ocean Viking ne seront pas tous accueillis en France.

“Accueillir des malheureux qui ont été en mer pendant des semaines sur un bateau, ça ne veut pas dire les accueillir en France. D’abord, ça veut dire venir en aide à ceux qui ont besoin de soins. Cela veut dire aussi faire des contrôles de sécurité, car il est impossible de mettre nos populations en danger s’il y a des risques de sécurité. Ensuite, ça veut dire raccompagner dans leur pays d'origine ceux qui n’ont pas le droit de demander l’asile, et pour les demandeurs les répartir partout dans l'UE”, détaille Nathalie Loiseau.

Du côté de Giorgia Meloni, malgré les critiques lancées en réponse à Gérald Darmanin, on tente d’apaiser aussi la situation. "Ce n'est pas intelligent de se disputer avec la France, l'Espagne, la Grèce, Malte ou avec d'autres pays. Je veux chercher une solution commune", a-t-elle souligné.

Alexis Lalemant