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Ocean Viking: examen médical, vérification de la DGSI... Que va-t-il se passer à l'arrivée du navire?

Le bateau humanitaire Ocean Viking accoste ce vendredi dans le port militaire de Toulon (Var). Les exilés ne seront pas livrés à eux-mêmes: ils ne sortiront pas de l'enceinte militaire sécurisée et devront se soumettre à plusieurs contrôles, notamment un examen médical, une vérification de la DGSI et un entretien pour savoir s'ils peuvent déposer une demande d'asile.

Après des semaines en mer, le bateau humanitaire Ocean Viking va accoster dans le port militaire de Toulon (Var), ce vendredi. La France a accepté de l'accueillir "à titre exceptionnel", car aucun pays n'a répondu favorablement.

Pour autant, les plus de 230 exilés qui ont été secourus ne seront pas livrés à eux-mêmes à leur arrivée: ils vont se soumettre à des contrôles, sans jamais sortir de l'enceinte sécurisée du port militaire de Toulon.

Il y aura d'abord, un examen médical, d'autant plus qu'une vingtaine d'entre eux sont très malades. Des tests sanitaires sont prévus pour savoir, par exemple, s'ils sont porteurs de virus.

Environ 80 personnes resteront en France

Les rescapés seront ensuite contrôlés par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) pour vérifier s'ils n'ont pas de passé de délinquant ou des liens avec le terrorisme. Enfin, ils passeront un entretien pour savoir si leurs conditions leur permettent de déposer une demande de droit d'asile.

À l'issue de ces contrôles, environ 80 personnes seront autorisées à rester en France, principalement les malades et les mineurs qui sont plus de 50.

Les autres seront conduits, dès ce vendredi après-midi ou demain dans d'autres pays d'Europe: en Allemagne, au Luxembourg ou au Portugal, par exemple. Ceux qui ne sont pas en mesure de demander l'asile seront immédiatement renvoyés vers leur pays d'origine.

Début d'une crise diplomatique avec l'Italie

SOS Méditerranée avait, préalablement, fait des demandes d'accostage à de nombreux pays qui ont tous fait la sourde oreille. D'après le droit maritime international, c'est en Italie que les exilés auraient dû être débarqués.

À la suite du refus de l'Italie, Gérald Darmanin a critiqué un "choix incompréhensible" et a dénoncé "l'inhumanité" du pays. Rome et Paris semblent être au début d'une crise diplomatique. La France a, d'ailleurs, prévenu qu'elle n'accueillera pas les 3.500 réfugiés actuellement en Italie qu'elle devait pourtant recevoir.

AB avec Cyprien Pézeril