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"On appellera sans doute au blocage": les jeunes mobilisés contre la réforme des retraites?

Les premiers mouvements sociaux contre le projet de réforme des retraites démarrent cette semaine, avec une interrogation concernant la mobilisation de la jeunesse.

"C'est la goutte de trop pour les jeunes aujourd'hui". La réforme des retraites est dans toutes les pensées alors qu'une première mobilisation intersyndicale est prévue dès ce jeudi 16 janvier.

Syndicats et partis politiques affûtent leurs armes en prévision de la mobilisation de jeudi, pour protester contre le projet du gouvernement... Mais les jeunes aussi se préparent activement.

L'appel des syndicats sera donc entendu par les organisations étudiantes, avec des AG qui doivent se tenir cette semaine dans de nombreuses universités françaises. Mais les étudiants sont-ils vraiment prêts à se mobiliser?

"Je suis quand même assez désespérée. J'ai l'impression que manifester ne va rien changer, car ils n'écoutent pas en fait...", se désole une étudiante que nous avons interrogée.

"Encore plus que gonfler les rangs, je pense qu'on va en être une force de lancement"

Mais la réforme préoccupe tout de même beaucoup d'étudiants comme Cléa, alternante en reconversion: "Je ne pense pas me mobiliser, mais on ne peut pas dire qu'on n'est pas du tout concernés. Comme j'ai fait beaucoup d'années d'études, quand j'apprends que je vais peut-être y aller à 69 ans, ça m'angoisse !", lance-t-elle.

Les lycéens vont-ils également rejoindre le mouvement? Colin Champion, président du syndicat lycéen "La voix lycéenne" était l'invité d'"Apolline Matin" ce lundi sur RMC et RMC Story pour évoquer cette mobilisation des jeunes et se dit "déterminé à montrer son désaccord" dans la rue les prochaines semaines.

"Encore plus que gonfler les rangs, je pense qu'on va en être une force de lancement. Dans l'histoire des mouvements sociaux, la jeunesse a toujours été un vecteur de mobilisation", rappelle-t-il.

Pour lui la retraite est bien "une affaire de jeunes", malgré les idées reçues. "Après Parcoursup en 2017, la réforme du bac toujours inégalitaire. Avec le fait que l'on soit de plus en plus précarisé à la fac, les jeunes en ont marre et n'ont pas envie de travailler jusqu'à 64 ans", selon lui, car on n'en a "pas besoin", avançant l'argument que le "conseil d'orientation des retraites montre que cette année on est à l'équilibre et qu'on sera à l'équilibre en 2070".

"Les blocages d'établissements, c'est parfois le seul moyen pour se faire entendre"

Pour la mobilisation de ce jeudi, il assure tout faire pour que ce soit "un raz-de-marée" de mobilisation chez les jeunes lycéens. "Les blocages d'établissements, c'est parfois le seul moyen pour se faire entendre donc nous ça nous y est arrivé d'y appeler, on y appellera sans doute".

Une réforme qui a également de quoi plomber mentalement un quotidien déjà difficile et des perspectives qui n'enchantent pas grand monde. Marie, étudiante de 23 ans à Sciences-Po Paris, n'a pas encore entamé sa carrière qu'elle n'en voit pas la fin.

"On va vers toujours plus d'efforts, donner de plus en plus de son temps pour quelque chose de plus en plus incertain", soupire-t-elle.

"Est-ce qu'en 2030 on ne va pas se retrouver encore avec une réforme qui sera encore pire? Quand on se lève le matin et qu'on ne sait pas comment on va finir la fin de mois, je pense qu'il y a d'autres préoccupations que de réfléchir au système des retraites", poursuit-elle, sans compter les interrogations écologiques... La jeune femme se dit "essoufflée" et se fixe comme objectif ses concours, en septembre prochain.

J.A. avec Marion Gauthier