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Précarité, pouvoir d’achat, climat: le défi d’Emmanuel Macron pour remobiliser la jeunesse

"Les 12 travaux du président Macron". Jusqu’au 13 mai, "Apolline Matin" sur RMC et RMC Story aborde tous les jours à 7h10 les défis du second mandat d’Emmanuel Macron. Cinquième volet ce mercredi sur la jeunesse.

Comment convaincre à nouveau les jeunes que la politique a un sens? Selon une enquête Ifop, 41 % des 18-24 ans n'ont pas voté au premier tour, contre 26 % dans l'ensemble de la population. Un chiffre record. "Contrairement à ce que l’on croit, les jeunes peuvent voter massivement", assure Frédéric Dabi, directeur général "opinion" de l'IFOP, mercredi matin sur RMC. Il cite l’exemple de 1981, 1995, et même 2007 voire 2012. Mais cette fois, les jeunes ne se sont pas mobilisés.

"Une génération qui a subi plusieurs chocs"

"C’est une génération qui a subi plusieurs chocs: le choc terroriste, les victimes des attentats des terrasses en 2015 étaient des jeunes ; le choc climatique, c’est une génération très inquiète sur la question du climat et qui est particulièrement sévère là-dessus avec les politiques, et le Covid est venu parachever le tout", analyse Frédéric Dabi, également auteur de "La Fracture".

La crise sanitaire a en effet largement touché les jeunes. On se souvient de ces files d’attente devant les points de distribution alimentaires pendant la pandémie. Ces images avaient marqué l’opinion et mis en avant le problème de la précarité de la jeunesse, aggravée pendant les périodes de confinement.

"Ils donnent des légumes, des denrées qui coûtent chères. Ça aide beaucoup. Les aliments qui font plaisir, comme le Nutella, il n’y en a pas dans mes placards. Moi j’ai des pâtes et des boîtes de conserve. A la fin du mois, il me reste 20 euros pour les loisirs. Rien que pour laver mon linge, je suis obligée de compter au centime près. Partir en vacances, pour moi, c’est surréaliste", témoigne Elisa, étudiante en licence de sociologie venue à une distribution alimentaire organisée par le Secours populaire sur le campus de Roubaix.

"J’espère qu'ils ne vont pas nous oublier"

"Je fais un job étudiant dans un laboratoire pharmaceutique. Si je ne travaille pas, je ne peux pas m’en sortir. Ça fait environ un an que je n’ai pas de week-end. Je ne peux pas sortir m’amuser. Pendant le Covid, s’il n’y avait pas eu de distribution de colis alimentaires, on ne s’en serait pas sorti. J’espère que pendant ce quinquennat-là, ils ne vont pas nous oublier", confie Marie, également venue chercher de l’aide auprès du Secours populaire.

"On est en train de faire nos demandes de bourse et on voit qu’on a de moins en moins d’aide. On vient déjà chercher de la nourriture ici alors on se dit que ça va être encore plus compliqué l’année prochaine. C’est compliqué de trouver un job sans lâcher les études. On n’est pas à 100% dans les études si on a un job à côté", raconte encore Virgile.

"Cette génération s’est sentie sacrifiée et stigmatisée"

"Avec le Covid, cette génération s’est sentie sacrifiée et stigmatisée car on a dit qu’ils n’avaient pas assez protégé les autres", ajoute Frédéric Dabi. Selon l’IFOP, un peu moins d’un jeune sur 5 déclare s’être fait aider financièrement pendant cette période.

Frédéric Dabi estime cependant qu’il ne faut pas "réduire la jeunesse à la question du Covid" et que les premières préoccupations sont le pouvoir d’achat, puis le climat. "Mais les jeunes croient de moins en moins que les solutions vont venir de la sphère politique", constate-t-il.

Pendant l’entre deux tours, Emmanuel Macron avait déclaré que son deuxième quinquennat serait notamment consacré à la jeunesse.

La rédaction avec Florian Chevallay et Rémi Ink