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Présidentielle: connaîtrons-nous les résultats à 20h?

Les instituts de sondage craignent cette fois de ne pas pouvoir donner les résultats du premier tour de l'élection présidentielle dès 20h ce dimanche, comme c'est la tradition. La fermeture tardive des bureaux de vote et la grande incertitude de ce scrutin les incitent à la prudence.

Tic, tac, tic tac, tic tac… C'est un moment d'une grande fébrilité et d'une grande excitation: les quelques minutes qui précèdent les résultats de la présidentielle, donnés à 20 heures pile les dimanche soirs. Cette fois-ci, il nous faudra peut-être patienter, car les sondeurs ne seront peut-être pas en mesure de donner le nom des deux finalistes à la présidentielle à l'heure habituelle, ce dimanche. Les faibles écarts entre les prétendants et les nouvelles règles du jeu les incitent à la prudence.

Fermeture des bureaux de vote à 19h

En effet, dans la majorité des bureaux de vote, la fermeture passe de 18h (la norme jusqu'ici) à 19h, afin d'éviter que des estimations circulent sur les réseaux sociaux et les média étrangers, qui ne sont pas soumis à des règles aussi strictes que les médias français. Pour les grandes villes, rien ne bouge et les bureaux fermeront à 20h.

Ce qui veut dire que, pour la première fois, les sondeurs auront moins d'une heure pour faire remonter les cent premiers bulletins dépouillés des bureaux tests, les analyser et en tirer les noms des deux qualifiés pour le second tour.

"Le temps laissé aux instituts est extrêmement compté"

Les instituts de sondage seront-t-il capable de donner les deux qualifiés pour le second tour à 20h précise? "J'espère", répond le patron de l'un des principaux instituts de sondage. "A 19 heures, on ouvre les enveloppes, on classe par pile, donc le temps laissé aux instituts est extrêmement compté", souligne Roland Cayrol, politologue et co-fondateur de l'institut CSA. A ce laps de temps réduit s'ajoute une grande incertitude pour ce scrutin, avec quatre candidats capables de se qualifier. Du jamais-vu à quelques jours du scrutin.

Alors les sondeurs préviennent: ils joueront la carte de la transparence. "Quitte à donner une information, nous préférons en donner une fiable. Si nous sommes face à des écarts serrés, nous pourrons émettre des interrogations ou partager nos doutes", anticipe ainsi Jean-Daniel Levy, le directeur du département politique et opinion chez Harris Interactive. Accusés de s'être trompés sur les résultats des primaires de la droite et de la gauche, les instituts de sondages ne prendront cette fois aucun risque.

Philippe Gril avec Annabel Roger