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Macron, Fillon, Le Pen ou Mélenchon? "personne ne peut dire quelle sera la photo des finalistes"

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A huit jours du premier tour de l’élection présidentielle, l’issue du scrutin apparaît plus indécise que jamais. Emmanuel Macron, Marine Le Pen, François Fillon et Jean-Luc Mélenchon: ils sont quatre à apparaître dans les sondages comme capables de se qualifier pour le 2e tour. Pour Bernard Sananès, président de l’institut de sondage Elabe, la situation est inédite.

Bernard Sananès est le président de l’institut de sondage Elabe.

"C’est la campagne de toutes les surprises. On n’a jamais connu un premier tour si incertain. Nous sommes à huit jours du premier tour et personne ne peut dire quelle sera la photo des deux candidats finalistes qui s’affichera à 20h. C’est vrai que c’est très particulier. On a quatre candidats - Emmanuel Macron, Marine Le Pen, François Fillon et Jean-Luc Mélenchon - qui sont mesurés selon les instituts avec un écart entre le 2e et le 3e variant de 2,5 et 3 points. Ce qu’il faut rappeler c’est qu’il y a trois semaines, on était sur un écart entre 6 et 7 points selon les mêmes instituts.

L’avance des deux premiers a fondu comme neige au soleil: Emmanuel Macron c’est - 3 points en trois semaines, Marine Le Pen - 5 points depuis fin février. A l’inverse, on observe une dynamique forte pour Jean-Luc Mélenchon depuis le débat. Et aussi une remontée régulière de François Fillon depuis trois semaines.

"Il y a fléau pour les petits candidats qui s’appelle le vote utile"

Par ailleurs, c’est compliqué pour les petits candidats. Et plus le scrutin apparaît incertain, plus la dernière semaine va être compliquée pour eux. Il y a un fléau pour les petits candidats qui s’appelle le vote utile. Quand vous êtes sûr du classement, vous vous dites ‘ce n’est pas grave, je sais de toute façon que les candidats que je souhaite ou que je ne souhaite pas seront ou ne seront pas là’.

Il y a deux candidats très menacés par le vote utile. Benoit Hamon d’une part. Il reste autour de la barre des 10%, mais certains de ses électeurs, une bonne moitié quasiment, hésitent parfois avec Jean-Luc Mélenchon ou Emmanuel Macron. La dernière semaine pour Benoit Hamon risque donc d’être difficile. Idem pour Nicolas Dupont-Aignan, qui lui aussi peut être pris par la tentation du double vote utile: soit Marine Le Pen, soit François Fillon.

Pour l’instant, ce que l’on mesure, c’est une participation qui apparaît comme inférieure, mais pas très fortement inférieure, contrairement à ce que j'entends dire. Mais je ne désespère pas, en tant que citoyen. D’abord parce que l’élection présidentielle c’est l’élection cardinale en France: on attend tout du président de la République. Le second point, et c’est le cas dans toutes les élections, c’est que quand le scrutin apparaît incertain, et bien dans les derniers jours, les électeurs qui se disaient ‘je n’irai voter qu’au second tour’ se disent ‘non, j’y vais tout de suite’. Donc cette incertitude va faire monter encore de deux ou trois points la participation".

A.M.