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Présidentielle: Emmanuel Macron est candidat à sa réélection

Le président de la République, Emmanuel Macron, annonce, ce jeudi soir, sa candidature à l’élection présidentielle 2022, dans une lettre aux Français parue dans la presse quotidienne régionale.

"Je sollicite votre confiance pour un nouveau mandat de Président de la République." Par cette phrase, Emmanuel Macron a marqué la fin d’un suspense qui n’en était pas vraiment un. Après plusieurs semaines d’attente, Emmanuel Macron a donc officiellement annoncé, ce jeudi soir, dans une "lettre aux Français" parue dans la presse quotidienne régionale et dévoilée par BFMTV, être candidat à un second mandat à l’Élysée.

Avec la crise sanitaire et la guerre en Ukraine, le président de la République a finalement attendu la veille de la date limite de déclaration de candidature auprès du Conseil constitutionnel pour rendre public ce qui était en vérité un secret de polichinelle.

Un bilan pour commencer

Le président de la République débute sa lettre par le bilan et commence indéniablement par les différentes crises traversées pendant son quinquennat, des crises affrontées "avec dignité et fraternité".

Emmanuel Macron dresse ensuite un bilan des réformes menées pendant son quinquennat:

"Grâce aux réformes menées, notre industrie a pour la première fois recréé des emplois et le chômage a atteint son plus bas niveau depuis quinze ans. Grâce au travail de tous, nous avons pu investir dans nos hôpitaux et notre recherche, renforcer nos armées, recruter policiers, gendarmes, magistrats et enseignants, réduire notre dépendance aux énergies fossiles, continuer à moderniser notre agriculture. Grâce à nos efforts, nous avons, avant la pandémie, réduit nos déficits et, tout au long du quinquennat, baissé les impôts de manière inédite."

"Nous n’avons pas tout réussi"

Comme sur TF1, en fin d'année dernière, le président refait un léger mea culpa.

"Nous n’avons pas tout réussi. Il est des choix qu’avec l’expérience acquise auprès de vous je ferais sans doute différemment." 

"Il faudra travailler plus"

Esquissant un début de programme pour un second mandat, Emmanuel Macron explique aux Français qu'il "faudra travailler plus" et "poursuivre la baisse des impôts pesant sur le travail et la production."

"Il n’y a pas d’indépendance sans force économique", explique-t-il avant de poursuivre:

"C’est à la condition de cette reconquête productive par le travail que nous pourrons préserver et même améliorer ce modèle social auquel nous tenons tant et qui a fait ses preuves".

"Défendre la singularité française" et "bâtir une Europe-puissance"

Dans sa lettre aux Français, Emmanuel Macron dit vouloir "défendre la singularité française", sans perdre de vue l'objectif de "bâtir une Europe-puissance".

Il explique vouloir que "défendre notre singularité française implique enfin de promouvoir une certaine manière d’être au monde. Un art de vivre millénaire, enraciné dans chaque région, chaque canton, chaque ville et chaque village que ce soit en métropole ou dans nos outre-mer"

Cette défense de la singularité va de pair, pour lui, avec "une Europe crédible". Pour le chef de l'État, il faut "de convaincre nos principaux voisins de commencer à bâtir une Europe-puissance, capable de se défendre et de peser sur le cours de l’Histoire".

Une campagne pas comme les autres

Dans sa lettre, le chef de l'État assume avec regret que cette campagne sera très différente, pour lui.

"Bien sûr, je ne pourrai pas mener campagne comme je l’aurais souhaité en raison du contexte", explique-t-il.

Une lettre comme Mitterrand en 1988

L’exercice de la lettre aux Français est un rituel de la vie politique française. François Mitterrand, lors de sa campagne en 1988, avait fait publier dans les journaux une missive de 45 pages avant de briguer un nouveau mandat: "Je souhaite, par cette lettre, vous parler de la France…" avait alors écrit le locataire de l’Élysée, alors en situation de cohabitation.

Nicolas Sarkozy, en 2012, s’était inspiré de cette pratique pour rédiger une Lettre au peuple français juste avant le premier tour de la présidentielle, et Emmanuel Macron lui-même avait pris la plume en 2019, pour répondre aux Français sur la crise des gilets jaunes.

Un début de campagne bousculé

Alors qu’une fenêtre de tir pour annoncer sa candidature existait au départ la semaine du 21 février, pour le début du Salon de l’agriculture, le président de la République a décalé sa déclaration de candidature en raison de la crise ukrainienne.

Prévu le 5 mars, le premier meeting de campagne du président-candidat censé se dérouler à Marseille a été annulé. En lieu et place, conseils de défense, coups de fil avec Vladimir Poutine et Volodomyr Zelensky, et sommet européen à Versailles les 10 et 11 mars prochains, vont s’enchaîner pour un candidat qui devra rester pleinement président.

Un remaniement en vue?

Pour entourer le président candidat, et comme dit ce jeudi matin par RMC, plusieurs ministres pourraient quitter dans les jours à venir leurs postes au gouvernement pour former l’équipe de campagne du candidat Macron. Gabriel Attal devrait devenir le porte-parole de campagne, remplacé par Amélie de Montchalin au porte-parolat du gouvernement.

Le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie est pressenti pour prendre le poste de directeur de campagne. Marc Fesnau est pressenti pour le remplacer. Autre départ prévu, celui du ministre chargé des Outre-mer, Sébastien Lecornu, appelé à devenir conseiller politique du chef de l’État-candidat.

La lettre aux Français d'Emmanuel Macron

Mes chers compatriotes,

Depuis cinq ans, nous avons traversé ensemble nombre d’épreuves. Terrorisme, pandémie, retour de la violence, guerre en Europe : rarement, la France avait été confrontée à une telle accumulation de crises. Nous avons fait face avec dignité et fraternité.

Nous avons tenu bon sans jamais renoncer à agir. Grâce aux réformes menées, notre industrie a pour la première fois recréé des emplois et le chômage a atteint son plus bas niveau depuis quinze ans. Grâce au travail de tous, nous avons pu investir dans nos hôpitaux et notre recherche, renforcer nos armées, recruter policiers, gendarmes, magistrats et enseignants, réduire notre dépendance aux énergies fossiles, continuer à moderniser notre agriculture. Grâce à nos efforts, nous avons, avant la pandémie, réduit nos déficits et, tout au long du quinquennat, baissé les impôts de manière inédite. Tout cela nous a permis d’être crédibles et de convaincre nos principaux voisins de commencer à bâtir une Europe-puissance, capable de se défendre et de peser sur le cours de l’Histoire.

Nous n’avons pas tout réussi

Nous n’avons pas tout réussi. Il est des choix qu’avec l’expérience acquise auprès de vous je ferais sans doute différemment. Mais les transformations engagées durant ce mandat ont permis à nombre de nos compatriotes de vivre mieux, à la France de gagner en indépendance. Et les crises que nous traversons depuis deux ans montrent que c’est bien ce chemin qui doit être poursuivi.

Nous connaissons des bouleversements d’une rapidité inouïe : menace sur nos démocraties, montée des inégalités, changement climatique, transition démographique, transformations technologiques. Ne nous trompons pas : nous ne répondrons pas à ces défis en choisissant le repli ou en cultivant la nostalgie. C’est en regardant avec humilité et lucidité le présent, en ne cédant rien de l’audace, de la volonté et de notre goût de l’avenir que nous réussirons. L’enjeu est de bâtir la France de nos enfants, pas de ressasser la France de notre enfance.

Je suis candidat pour défendre nos valeurs que les dérèglements du monde menacent

Voilà pourquoi je sollicite votre confiance pour un nouveau mandat de Président de la République. Je suis candidat pour inventer avec vous, face aux défis du siècle, une réponse française et européenne singulière. Je suis candidat pour défendre nos valeurs que les dérèglements du monde menacent. Je suis candidat pour continuer de préparer l’avenir de nos enfants et de nos petits-enfants. Pour nous permettre aujourd’hui comme demain de décider pour nous-mêmes.

Il n’y a pas d’indépendance sans force économique. Il nous faudra donc travailler plus et poursuivre la baisse des impôts pesant sur le travail et la production. Pour ne pas nous laisser imposer par d’autres les technologies qui rythmeront demain notre quotidien, il nous faudra aussi continuer d’investir dans notre innovation et notre recherche afin de placer la France en tête dans les secteurs qui, comme les énergies renouvelables, le nucléaire, les batteries, l’agriculture, le numérique, ou le spatial feront le futur et nous permettront de devenir une grande Nation écologique, celle qui la première sera sortie de la dépendance au gaz, au pétrole et au charbon.

C’est à la condition de cette reconquête productive par le travail que nous pourrons préserver et même améliorer ce modèle social auquel nous tenons tant et qui a fait ses preuves.

Nous lutterons contre les inégalités, non pas tant en cherchant à les corriger toujours trop tard qu’en nous y attaquant à la racine. Nous ferons en sorte que tous les enfants de France aient les mêmes chances, que la méritocratie républicaine redevienne une promesse pour chacun. Pour cela, la priorité sera donnée à l’école et à nos enseignants, qui seront plus libres, plus respectés et mieux rémunérés.

Nous investirons pour permettre à chacun de vivre le grand âge à domicile tant qu’il le peut, pour rendre les maisons de retraite plus humaines. Nous poursuivrons sans relâche notre travail pour l’inclusion de nos compatriotes en situation de handicap. En matière de santé, nous opérerons la révolution de la prévention et ferons reculer les déserts médicaux.

La force de notre modèle social est là : dans cet investissement dans l’humain tout au long de la vie, qui donne confiance aux familles et a fait de la France l’un des pays d’Europe à la plus forte natalité.

Bien sûr, je ne pourrai pas mener campagne comme je l’aurais souhaité en raison du contexte

Défendre notre singularité française implique enfin de promouvoir une certaine manière d’être au monde. Un art de vivre millénaire, enraciné dans chaque région, chaque canton, chaque ville et chaque village que ce soit en métropole ou dans nos outre-mer. Une histoire, une langue, une culture que lorsque l’on est Français, on se doit de connaître, d’aimer, de partager. Une citoyenneté, qui ne repose pas seulement sur des droits, mais sur des devoirs et un engagement de chaque jour. Parce que le respect des lois n’est pas négociable, nous poursuivrons l’investissement dans nos forces de sécurité et notre justice. Nous encouragerons l’engagement avec une ambition simple : former non pas seulement des individus et des consommateurs, mais des citoyens. Faire des républicains.

Tout au long de mon mandat, j’ai vu partout un esprit de résistance à toute épreuve, une volonté d’engagement remarquable, une inlassable envie de bâtir. Je l’ai retrouvée dans notre pays mais aussi en allant à la rencontre de nos compatriotes vivant à l’étranger. En chaque lieu, j’ai perçu le désir de prendre part à cette belle et grande aventure collective qui s’appelle la France.

C’est pourquoi le moment électoral qui s’ouvre est si important. Cette élection présidentielle déterminera les directions que le pays se donne à lui-même pour les cinq années à venir et bien au-delà. Bien sûr, je ne pourrai pas mener campagne comme je l’aurais souhaité en raison du contexte. Mais avec clarté et engagement j’expliquerai notre projet, notre volonté de continuer à faire avancer notre pays avec chacun d’entre vous.

Ensemble, nous pouvons faire de ces temps de crises le point de départ d’une nouvelle époque française et européenne.

Avec vous. Pour vous. Pour nous tous.

Vive la République !

Vive la France !

Emmanuel Macron

Maxime Martinez