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Présidentielle: les maires de plus en plus frileux à donner leur parrainage

De plus en plus de maires ne donnent pas leur signature aux candidats à la présidentielle. Dans un contexte de défiance envers les élus, ils sont de plus en plus frileux.

Chaque jour, les demandes de parrainages s'accumulent sur le bureau d'Yvan Lubraneski: "Là on a un courrier de Jean-Luc Mélenchon, il y a eu deux mails d'amis de monsieur Zemmour", détaille-t-il. Presque harcelé par les candidats à la présidentielle, le maire des Molières dans l'Essonne refuse de leur signer un chèque en blanc:

"J'aime bien qu'on mette les projets avant les personnes. Là on est dans quelque chose qui relève plus d'une monarchie. Il y a ce côté providentiel, les candidats sont pris dans ce jeu-là mais ne construise pas de projet, en tout cas ne le font pas pendant plusieurs mois, avec les Français".

"Dans nos communes rurales, on est le maire de tout le monde"

Depuis la dernière présidentielle, les noms des maires, qui parrainent des candidats, sont publiés par le Conseil constitutionnel. De quoi refroidir Bertrand Hauchecorne, le maire de Mareau-aux-Prés, 1500 habitants dans le Loiret, avait soutenu Emmanuel Macron en 2017:

"Je n'ai pas envie de parrainer cette fois-ci un quelconque candidat. Après on est totalement repéré. Et dans nos communes rurales, on est le maire de tout le monde et on ne veut pas donner l'impression d'être partisan", assure-t-il à RMC.

En 2017, déjà deux tiers des 42.000 élus habilités à le faire n'avaient parrainé personne. Ils devraient être encore plus nombreux cette fois-ci. De leur côté, les candidats à la présidentielle ont jusqu'au 4 mars 2022 pour convaincre les maires : le dossier des 500 parrainages minimum, sera ensuite vérifié par le Conseil constitutionnel.

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Paul Barcelonne (avec Guillaume Dussourt)