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Présidentielle: vers un mini-remaniement et une candidature à la dernière minute pour Emmanuel Macron?

La crise ukrainienne pourrait pousser Emmanuel Macron à n'être candidat à la présidentielle qu'à la toute dernière minute, avant le vendredi 4 mars, la date limite pour se déclarer.

Drôle de guerre et drôle de campagne pour la majorité au pouvoir qui attend désespérément l’annonce de la candidature à la présidentielle du chef de l’Etat. Il lui faudra encore patienter quelques jours. Selon un conseiller du président, Emmanuel Macron "restera dans son costume de président jusqu’au bout du bout, jusqu’à ce que la légalité lui permette de devenir candidat". Pas de candidature à attendre donc avant la fin de la semaine prochaine. Avant le vendredi 4 mars, la date limite pour se déclarer.

La faute au contexte international et la crise en Ukraine. "Emmanuel Macron a un rôle de super diplomate et de super médiateur" explique un proche du président. Avec ce risque et cette confidence d’une ministre: "Le jeu d'escalade peut mal tourner, c'est très flippant". Une situation inédite, souligne un conseiller de l’exécutif: "On n’a jamais eu sous la Ve un chef de la diplomatie et possible chef de guerre en campagne".

La majorité essaie malgré tout de se mettre en ordre de bataille

Pas facile en effet de faire campagne dans ces conditions. Mais la majorité essaie malgré tout de se mettre en ordre de bataille. Un bureau exécutif de la majorité présidentielle a été organisé mais là encore, ce qui avait été présenté comme une veillée d’armes avant le lancement de candidature a été percuté directement par la crise ukrainienne.

A peine arrivée, le Premier ministre a été contraint de quitter le QG de campagne, direction l’Elysée pour un conseil de défense extraordinaire. Ce qui n’a pas empêché les personnes restées autour de la table de distiller quelques conseils de campagne. L'ancien Premier ministre Edouard Philippe a évoqué une "campagne courte basée sur le candidat". Une guerre éclair.

"Ce ne sera pas une campagne festive", poursuit une conseillère. "De toute façon quand tu sors de deux ans de pandémie, d'une crise économique, après ça tu ne fais pas la fête".

L'hypothèse d’un mini-remaniement

Pour remplacer les soldats censés se lancer dans la campagne, l'hypothèse d'un mini-remaniement est sur la table. Des noms circulent depuis plusieurs semaines. Clément Beaune, secrétaire d’Etat aux affaires européennes, Sébastien Lecornu, à l’Outre-Mer, ou le porte-parole Gabriel Attal. Mais la situation internationale pourrait changer la donne.

"Le contexte est compliqué, il n'est pas exclu que des ministres doivent monter au front dans cette crise", explique à RMC un stratège de la campagne. Si aucune règle n’a encore été fixée, les ministres prenant des fonctions officielles dans la campagne devraient quitter le gouvernement. Les autres pourraient en revanche cumuler le travail de conviction sur le terrain et leurs obligations ministérielles jusqu’au 24 avril. 

Dans le camp Pécresse, on désespère de voir Macron candidat

Une situation qui complique encore la stratégie de campagne de Valérie Pécresse. Pour preuve, le déplacement envisagé par la candidate LR à Dakar, au Sénégal, ces prochains jours a été annulé. "L’agenda de la candidate est un peu gelé, souffle un proche de Valérie Pécresse. Difficile d’imaginer qu’elle soit à l’autre bout du monde au moment de la candidature d’Emmanuel Macron". Seuls événements fixés cette semaine pour la candidate : le dîner du Crif (le Conseil représentatif des institutions juives de France) jeudi soir et un meeting à Caen vendredi soir. Une campagne d’attente pour celle qui espère se confronter directement avec le chef de l’Etat et sortir de son duel avec Eric Zemmour.

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Jérémy Trottin (avec G.D.)