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Retraites: des députés ciblés et menacés par des opposants à la réforme

Des députés ont été la cible de menaces ces derniers jours pour avoir soutenu publiquement le projet de réforme des retraites du gouvernement. Des menaces suffisamment concrètes pour que le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, s'empare de la question et diffuse un télégramme aux préfets pour les sensibiliser.

Alors que la mobilisation contre la réforme des retraites démarre ce jeudi, les élus de la majorité se retrouvent particulièrement exposés. Certains syndicalistes de la CGT menacent de couper le courant dans les permanences parlementaires des députés qui soutiennent le texte et la menace de violences directes envers les députés est suffisamment concrète pour que le ministre de l'Intérieur diffuse un télégramme aux préfets pour sensibiliser à la question.

Gérald Darmanin appelle notamment à renforcer la surveillance aux abords des permanences parlementaires et de leur domicile. En tant que porte-parole de son groupe pour défendre la réforme des retraites, Violette Spillebout multiplie les passages médias. Et les premières menaces sont tombées mardi.

“Par mail, j’ai reçu des menaces anonymes bien sûr. Des menaces de mort, de la vulgarité… On ne s’habitue jamais à la violence, à l’agression, aux menaces”, indique-t-elle.

Une recrudescence des menaces?

Alors, sur les conseils du ministère de l'Intérieur, avant d'organiser une réunion publique, la députée doit prendre quelques précautions. “On prévient la préfecture, le commissariat de police. Ce n’est pas de la surveillance ou de la protection de personnes, mais au moins, ils sont alertés, et peuvent réagir vite s'il y a une menace”, précise-t-elle.

Sylvain Maillard a connu en tant que député les violences en marge du mouvement des “Gilets jaunes”. Le député de Paris constate une recrudescence des menaces, et conseille à ses collègues de réagir vite.

“Il faut porter plainte à chaque fois et dire que ce n’est pas possible et que nous n’acceptons pas. Au nom de quoi, on limiterait dans la démocratie aux uns et aux autres de s’exprimer. C’est même une vision très totalitaire de la chose d’empêcher les uns et les autres de pouvoir avoir un contact direct avec leur député ou leur représentant”, assure-t-il.

Hors micro, certains élus affirment déjà renoncer à organiser des réunions publiques dans leur circonscription, pour ne pas s'exposer à de possibles débordements.

Romain Cluzel avec Guillaume Descours