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Black blocks, Gilets jaunes... Les policiers s'inquiètent des perturbations dans les manifestations

La journée de mobilisation contre la réforme des retraites s'annonce importante ce jeudi, avec des manifestations dans plusieurs grandes villes. Au total, jusqu'à 800.000 personnes pourraient descendre dans la rue. Des manifestations qui ne seront pas sans risques selon les forces de l'ordre.

Entre 550.000 et 750.000 personnes pourraient se mobiliser ce jeudi dans tout le pays contre la réforme des retraites, selon une note du renseignement territorial. 25.000 manifestants sont attendus à Marseille, 20.000 à Lyon ou Toulouse, et presque autant à Nantes.

À Paris, les renseignements tablent sur 50.000 à 80.000 participants au défilé entre République et Nation. Des renseignements territoriaux qui redoutent surtout la présence de 400 à 800 "gilets jaunes" radicaux et 200 à 400 potentiels casseurs, black blocks, prêts à perturber le cortège pour en découdre avec les forces de l’ordre. Des forces de l'ordre qui seront déployées en nombre, notamment à Paris. Pour encadrer ces manifestations le dispositif policier va être très conséquent. Plus de 10.000 policiers et gendarmes mobiles seront mobilisés sur l'ensemble du territoire a annoncé ce mercredi le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin.

Le ministre de l'Intérieur a ajouté que les autorités s'attendaient à la venue à Paris d'"un petit millier de personnes qui pourrait être violent". Pour éviter leur venue, il a annoncé "des contrôles" dès ce mercredi dans la capitale ainsi qu'en province.

"On va avoir des expositions des forces de l’ordre à des situations difficiles. A Paris, on part sur une version haute du dispositif policier avec plus de 40 forces mobiles, ça veut dire plus de 3.500 policiers, gendarmes mobiles et CRS. Plus les policiers de la DEPC. Donc on part sur un très gros dispositif", assure David Le Bars, secrétaire général syndicat des commissaires de police SCPN UNSA, sur RMC.

Une forte mobilisation des lycéens?

Parmi les principales inquiétudes des policiers, la formation de black blocks en marge des cortèges.

"On peut mettre fin à la constitution d’un black block. Si on peut le faire, on le fera. Mais c’est toujours un risque qu’on prend par rapport à la foule qui, elle, demande à manifester et à être protégée. Et le black block, il est d’autant plus efficace s’il y a du monde dans une manifestation, s’il utilise la foule comme bouclier. Donc c’est un dosage, c’est extrêmement compliqué", précise David Le Bars.

Enfin, une inconnue dans ces chiffres, l’ampleur de la mobilisation lycéenne. Des blocages d’établissements sont à craindre, tout comme des actions coup de poing contre des agences bancaires ou des locaux de permanences politiques.

"Pour les blocages de lycées, on a affaire à des jeunes. Quand c’est bon enfant, quand c’est des poubelles, on a le discernement pour laisser faire. Mais ce qui ne permet plus de laisser faire, c’est quand les lycéens se permettent de brûler des voitures, de s’en prendre à des professeurs, à des passants. Et ce n’est pas exclu parce que malheureusement, ces mouvements-là deviennent aussi difficiles", précise David Le Bars.

Guillaume Descours Journaliste RMC