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Réforme des retraites: la semaine décisive pour l'exécutif et les syndicats

La réforme des retraites sera présentée mardi par la Première ministre Elisabeth Borne. Dans le même temps, les syndicats seront rassemblés pour voir les suites à donner à ces annonces. La semaine qui s'annonce sera décisive politiquement et socialement.

Mardi, en fin d'après-midi, les Français sont fixés. La Première ministre Elisabeth Borne présentera lors d'une conférence de presse le contenu de la réforme des retraites, élément principal du programme présidentiel d'Emmanuel Macron en 2022. Cette réforme prévoit de reporter l'âge légal de départ à la retraite. Si l'âge de 65 ans figurait dans le programme initial du chef de l'État, c'est l'âge de 64 ans qui devrait être annoncé, sauf revirement de dernière minute, selon l'Opinion et le Parisien.

"Maintenant ou plus tard, la réforme des retraites est de toute façon impopulaire" avoue un conseiller de l'exécutif qui sert les dents à deux jours de l'échéance.

Juste avant l'annonce, Elisabeth Borne fera face aux députés pour des questions aux gouvernement sans nul doute explosives. Face à elle, des opposants déterminés. Une élue de la NUPES promet d'"aider le peuple à sortir victorieux". La gauche lancera le même jour une série de meetings contre cette réforme.

Invité de RMC, ce samedi, Stéphane Troussel, président PS de la Seine-Saint-Denis a affirmé que cette réforme "reposait sur un mensonge" sur les déficits des systèmes de retraite et souhaite que "cette opposition s'exprime fortement avec l'unité syndicale et des forces politiques de gauche", expliquant que les socialistes vont se mettre à disposition des syndicats:

"Il y a de l'inquiétude et de la colère face à cette situation. Il y a d'autres choix possibles que cette réforme. Il faut faire reculer le gouvernement."

Des syndicats unis face à cette réforme

Dans le même temps, tous les leaders syndicaux se réuniront pour fixer le calendrier des grèves. Un front syndical de la CGT à la CFDT, dont son président Laurent Berger assure qu'"il n'y aura pas de deal" avec le gouvernement et redit son opposition à tout mesure d'âge. Il met d'ailleurs le gouvernement en garde sur la tension sociale dans le pays.

"Attention, Madame la Première ministre, il y a aujourd’hui beaucoup de tension sociale, beaucoup de difficultés sociales, d’angoisses, de conflictualité (...) dans la population", explique le patron de la CFDT.

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Même discours, même détermination du côté du secrétaire général de la CGT Philippe Martinez, qui dit que les syndicats sont "déterminés à ce que cette loi ne passe pas."

"J’ai dit à la Première ministre qu’elle avait réalisé un exploit : ça faisait douze ans que l’ensemble des organisations syndicales ne s’était pas unie contre une réforme", ironise-t-il.

Le tout sera scruté de près dans les ministères. Un membre du gouvernement s'inquiète notamment que la mobilisation fasse tache d'huile dans les facs.

Si cette semaine s'annonce déterminante, ce n'est qu'une première étape: le texte arrivera à l'Assemblée nationale seulement en février, avec potentiellement le soutien du parti Les Républicains, sous conditions, comme l'a annoncé Éric Ciotti, ce dimanche. Si le gouvernement accède à ses demandes et que tous les députés LR suivent, l'exécutif pourra alors se passer de l'utilisation de l'article 49-3 de la Constitution.

Cyprien Pézeril et Maxime Martinez