RMC
Exclusivité

Retraites, 49-3, énergie: ce qu'il faut retenir de l'interview d'Elisabeth Borne sur RMC-BFMTV

La Première ministre Elisabeth Borne a donné le ton sur RMC-BFMTV ce lundi, avant une semaine clé de préparation des textes parlementaires concernant le projet de loi de financement de la sécurité sociale.

La Première ministre Elisabeth Borne était l'invitée de RMC-BFMTV ce lundi, évoquant notamment le sujet explosif de la réforme des retraites, mais aussi le pouvoir d'achat des Français, qui est largement impacté par la crise énergétique que le monde connaît actuellement.

Retraites: Borne confirme que le gouvernement veut un "allongement progressif de l'âge de départ", l'âge tranché "en fin de semaine"

La réforme des retraites est dans tous les esprits. Le président de la République Emmanuel Macron a évoqué la possibilité de faire passer cette réforme rapidement, par un simple amendement contenu dans le vote du Projet de loi de finances de la sécurité sociale qui est présenté ce lundi en Conseil des ministres. Cette manière ne convainc pas les oppositions ni même le propre camp de la majorité. Le président du Modem, François Bayrou, estime que l'on n'est "pas aux pièces", et la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet se dit "pas favorable" à une réforme par amendement. Elisabeth Borne assure ce lundi que cette réforme est "prioritaire".

"Il est important de se redire de dire qu'en France, on a un modèle social unique au monde. Santé, école... On ne peut le financer durablement qu'à condition de produire plus de ressources, de travailler collectivement davantage. Cela passe par un décalage progressif de l'âge effectif de départ à la retraite, en prenant naturellement compte des situations de chacun. Tous les organismes nous disent que les équilibres se dégradent. Nous refusons d'augmenter les cotisations, et refusons de baisser les pensions, on a même prévu de revaloriser les plus petites pensions. La solution est donc de décaler progressivement l'âge effectif de départ à la retraite."

Concernant un chiffre de ce décalage, et la méthode précise, Elisabeth Borne estime qu'il faudra du "dialogue". La décision avec le président de la République sera prise d'ici la fin de la semaine en vue d'une mise en oeuvre à l'été 2023.

L'utilisation du 49-3 pas exclue (et un lapsus)

"Ma méthode, c'est le dialogue, la recherche de compromis. Les Français ne comprendraient pas qu'on soit bloqués. C'est un outil à la disposition du gouvernement si on constate une situation de blocage", rappelle-t-elle à propos du 49-3. "La priorité, c'est la dialogue, la recherche de compromis. Le blocage ne viendra pas de ma part", glissant ensuite un lapsus qui sera sans doute très remarqué. "Le dialogue ne viendra pas de notre côté", a-t-elle conclu avant de se reprendre immédiatement dans un sourire.

Chauffage au bois: "On va mettre en place une aide"

Elisabeth Borne annonce également que les Français qui se chauffent au bois auront une aide au vu de la flambée des prix. Une flambée surveillée de près par l'Etat pour voir s'il n'y a pas des profiteurs de crise.

"On a mis cet été en place une aide pour ceux qui se chauffent au fioul, personne ne comprendrait qu'on n'aide que les énergies fossiles. On va le mettre en place (pour le bois). On va aussi regarder pourquoi le prix du bois explose. Il peut être produit sur notre territoire, on va regarder si certains ne profitent pas de la crise", a-t-elle lancé.

Prix du paquet de cigarettes: "Il augmentera au rythme de l'inflation"

La Première ministre a profité d'une question sur le pouvoir d'achat pour annoncer que le prix du paquet de cigarettes va augmenter au rythme de l'inflation. "On a prévu d'indexer le prix du paquet sur l'inflation", confirme-t-elle.

Des efforts demandés aux laboratoires pharmaceutiques

S'il n'y a pas de taxation générale des super-profits prévue, Elisabeth Borne assure que de nombreuses grandes entreprises mettront tout de même la main à la pâte.

"On demande des efforts aux laboratoires pharmaceutiques. On peut tous constater qu'ils ont effectivement réalisé un chiffre d'affaires important du fait de la crise sanitaire donc je pense que c'est important qu'ils participent à l'effort collectif".

Laïcité à l'école: "On ne transige pas avec les lois de la République"

Elisabeth Borne a réagi aux défis "anti-laïcité" que l'on peut voir sur les réseaux sociaux qui consistent à mettre son voile à l'intérieur des établissements scolaire.

"La loi est très claire, elle interdit le port de signes religieux à l'école. Je suis déterminée à ce que cette loi soit respectée. On ne transige pas avec les lois de la République", lance-t-elle. "Nous ferons respecter la loi, il n'y a aucun flou sur le sujet", assure-t-elle.

Italie: Elisabeth Borne veille surtout au droit à l'avortement

Après la Suède, l'extrême droite fait une nouvelle percée en Europe avec la victoire de Giorgia Meloni aux législatives de dimanche en Italie, où pour la première fois depuis 1945 un parti post-fasciste est aux portes du pouvoir.

"Le peuple italien a voté, je ne vais commenter le choix démocratique du peuple italien. Il y a un très bon score de Madame Meloni", reconnaît-elle.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen avait rappelé dans une sorte d'avertissement que l'UE disposait "d'instruments" pour sanctionner les Etats membres portant atteinte à l'Etat de droit et à ses valeurs communes. Elisabeth Borne estime qu'elle est dans son rôle à rappeler les valeurs de l'UE.

"Chaque état doit respecter les droits de l'homme, notamment du droit à l'avortement", pointe-t-elle.

J.A.