RMC

Risque de casse, loyers... pourquoi les députés ont du mal à trouver une permanence

Pour un député, trouver des locaux pour établir une permanence n'est pas une tâche facile. Entre les prix des loyers qui peuvent être exorbitants selon les villes, et les craintes de dégradations, cela relève parfois du parcours du combattant.

Les députés en pleine recherche de leur permanence parlementaire, ce local qui permet d’accueillir les administrés et d’avoir des bureaux en circonscription. “Franchement, c’est la galère pour trouver”, explique à RMC un député En Marche, qui vient d’être réélu. Il doit changer de permanence, mais il bute.

“Je ne suis même pas monté à Paris cette semaine, ça me prend un temps fou”, déplore-t-il au téléphone… En cause, la crainte des dégradations pour les propriétaires et les assureurs, qui rechignent à louer ou à assurer. “Les blacks blocs et les gilets jaunes ont cassé cinq fois ma permanence”, poursuit ce même député. Cinq fois, il a fallu repayer la devanture vitrée à 4.000 euros. Alors forcément, ça refroidit.

Et les députés cherchent des solutions. Ce député En Marche veut maintenant des bureaux en étage, sans vitrine, pour être plus discret et moins exposé aux dégradations. Un autre jeune élu socialiste raconte à RMC avoir, lui, trouvé une solution: "Je récupère la permanence de mon prédécesseur. Et ça se passe comme ça depuis les années 1980 dans ma circonscription". Pas de galère pour lui, donc.

Des loyers trop élevés dans les grandes villes

La recherche est en revanche plus compliquée pour les parlementaires des grandes villes, avec des loyers très élevés, notamment à Paris. Chaque mois, les députés reçoivent une enveloppe de 5.300 euros de frais de représentation. C’est avec ça qu’ils payent leur permanence, mais pas que. "Moi, je ne veux pas dépenser plus de 700 euros de loyer. Je veux utiliser le reste de l’enveloppe pour financer des événements réguliers dans la circonscription", précise un élu de banlieue parisienne.

Enfin, d’autres ont des solutions plus radicales, comme tout simplement ne pas prendre de permanence. "J’ai regardé, si j’en veux une facilement accessible et qui ne soit pas minuscule, il faut compter 4.000 euros", indique un député parisien. Il a donc décidé de faire des permanences itinérantes ou même de recevoir ses concitoyens en mairie.

Le service politique de RMC