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Sandrine Rousseau exclue de la campagne écologiste: ce qu'il s'est passé lors du déjeuner avec la presse

Sandrine Rousseau, la finaliste de la primaire écologiste, s'est montrée très critique vis-à-vis de son candidat, Yannick Jadot, lors d'un déjeuner avec la presse où ses propos devaient rester confidentiels. Mais certaines déclarations ont été publiées. RMC vous raconte les coulisses.

Ce devait être un simple déjeuner avec la presse, mais il a viré au psychodrame. Sandrine Rousseau, la finaliste de la primaire des Verts, a été exclue de la campagne de Yannick Jadot ce jeudi soir pour avoir critiqué la stratégie du candidat écologiste. Des propos tenus lors d'un déjeuner avec sept journalistes, dont un membre du service politique de RMC. Le deal était clair, les discussions étaient censées rester secrètes. Mais le journal Le Parisien les a finalement publiées jeudi en fin d'après-midi.

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"Ils se plantent sur tout"

Assise devant une assiette de poulpe, Sandrine Rousseau vide son sac et dézingue Yannick Jadot. "Macron pose un récit, nous on ne vend que des chaudières", indique-t-elle. Tout la fait enrager. "Nos grands stratèges sont juste nuls, je deviens folle, ils se plantent sur tout", pointe-t-elle. "On se comporte comme si on était leader à gauche avec 15%, explique-t-elle aussi. Je pense qu'on peut faire moins de 5% au premier tour, ce serait une catastrophe financière. Ils sont en déni total. Après les municipales et les européennes, ils ont pris la grosse tête."

Même le changement de look de Yannick Jadot y passe. "Des mecs avec des cravates, ça donne l'image qu'on n'est pas capables de résister à un système", assure-t-elle. Pour l'anecdote, Sandrine Rousseau raconte même qu'après cette fameuse primaire écolo, elle a rencontré Rachida Dati, ancienne ministre de la Justice, personnage emblématique de la droite, et en a retenu ce conseil. "Vous avalez les couleuvres, et vous recrachez tout, après le 10 avril, soir du 1er tour". Finalement, elle n'aura pas attendu jusque-là.

"A un moment, ce n'est plus possible. Si elle tient des propos pareils, elle n'a rien à faire dans cette campagne" tranche un cadre du parti EELV. Un proche de Yannick Jadot frappe lui aussi très fort: "Elle ne peut pas cracher dans la soupe et se rouler par terre pour obtenir une place aux législatives".

Les tensions ont toujours été vives

Depuis la primaire remportée fin septembre par Yannick Jadot, les tensions ont toujours été vives entre les deux. Le candidat écolo avait remporté le scrutin de justesse, avec 49% des voix. Sandrine Rousseau avait obtenu le poste de "présidente du Conseil politique" de la campagne, mais elle s'est toujours retrouvée en marge de la campagne écolo.

C'est aussi le retour des vieux démons pour les Verts, qui vivaient jusqu'ici une campagne relativement unie, loin des déchirements internes qui avaient handicapé la campagne de 2012 d'Eva Joly. Après l'exclusion de la campagne de Matthieu Orphelin en novembre pour sa proximité avec Nicolas Hulot, c'est le deuxième départ forcé de la campagne de Yannick Jadot. Un départ beaucoup plus fort en termes de poids politique et de symbole.

Vers un soutien à Jean-Luc Mélenchon?

Alors, tant bien que mal, Sandrine Rousseau se défend. Pas de quoi empêcher son exclusion, mais elle évoque des "propos uniquement rapportés, des propos de couloir". "Cela fait un moment qu'il y a de la friture sur la ligne", note de son côté, un soutien de Jean-Luc Mélenchon, qui se frotterait presque les mains. "Son soutien, je dis 'pourquoi pas' mais le plus tard possible". 

Sandrine Rousseau, elle, reste floue sur son avenir. Tout juste promet-elle de "danser le jerk" sur une péniche à Paris, pour ses 50 ans, le 12 mars. Ensuite, elle envisage une candidature aux législatives en juin, à Paris.

GDe avec Romain Cluzel et Paul Barcelonne