RMC

Villeurbanne: LFI annule une soirée pour la rupture du jeûne du ramadan après des critiques

Le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon entouré de son directeur de campagne Manuel Bompard (g) et de la députée LFI Mathilde Panot (d), au soir du premier tour de l'élection présidentielle, le 10 avril 2022 à Paris

Le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon entouré de son directeur de campagne Manuel Bompard (g) et de la députée LFI Mathilde Panot (d), au soir du premier tour de l'élection présidentielle, le 10 avril 2022 à Paris - Emmanuel DUNAND © 2019 AFP

Face aux critiques de ses alliés de gauche dans la ville, La France insoumise a préféré annuler un événement public pour la rupture du jeûne du ramadan ce vendredi.

La France Insoumise a annulé une soirée "iftar", la rupture de jeûne du ramadan, prévue ce vendredi dans un quartier populaire de Villeurbanne (Rhône), en invoquant une "maladresse sémantique" après des critiques de ses alliés locaux de gauche, a-t-on appris auprès de LFI.

L'événement "Iftar Pop'" annoncé sur la page Facebook de l'Union populaire et par tracts proposait "un repas partagé après la rupture du jeûne", à 20h30, dans le parc du Tonkin, un des quartiers populaires de Villeurbanne "pour parler des enjeux du quartier et de l'actualité nationale".

Dans cette ville où ils sont alliés du maire PS Cédric Van Styvendael et où Jean-Luc Mélenchon a recueilli 37,8% au premier tour de la présidentielle, les élus LFI entendaient "juste organiser un repas avec les habitants où l'on aurait parlé politique", selon Gaëtan Constant, un des adjoints LFI.

"On ne peut utiliser un moment religieux pour un évènement politique"

L'évènement conçu comme "une action de terrain, une rencontre partagée avec les habitants, en aménageant l'horaire pour être le plus inclusif et pragmatique possible" a finalement été annulé en "concertation avec l'Union populaire au niveau national, par peur de voir l'extrême droite débarquer", a-t-il dit en mentionnant l'écho fait par le site Fdesouche.

L'annonce de cet "Iftar Pop'" avait suscité les critique du maire socialiste de Villeurbanne et du PRG. "En aucun cas, on ne peut utiliser un moment religieux pour un évènement politique. Il y a un mélange des genres que je ne peux pas cautionner", avait pointé Cédric Van Styvendael dans le quotidien régional Le Progrès.

Le PRG avait pour sa part jugé "irresponsable de jouer avec la laïcité" en s'inquiétant dans un communiqué des "pratiques communautaristes" de l'Union populaire et de LFI.

Nommer cette soirée "Iftar Pop'" est "une maladresse sémantique", a reconnu vendredi M. Constant. "Il n'y a aucune accointance entre LFI et la religion. Et nous avons toujours défendu la laïcité au sein du conseil municipal, sur la même ligne que nos partenaires", a-t-il insisté.

Les musulmans ont voté massivement pour M. Mélenchon au premier tour de la présidentielle (69%) avant de soutenir Emmanuel Macron (85%) au second tour, selon une enquête Ifop pour La Croix et Le Pélerin publiée lundi au lendemain de la victoire du président sortant.

G.D. avec AFP