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Violences conjugales: selon François Ruffin, "il faut une charte nationale" dans les institutions

La reprise des débats à l'Assemblée nationale a été agitée, ce mardi, à cause des affaires judiciaires de certains députés, notamment Adrien Quatennens, soupçonné de violences conjugales. François Ruffin, député La France insoumise, invité sur RMC et BFMTV ce mercredi, dénonce un "deux poids deux mesures" de la part de la majorité. Il appelle à la création d'une "charte nationale" sur la gestion des violences conjugales, présentes non seulement dans les partis, mais aussi dans les entreprises, les associations, les syndicats...

"Comme aurait dit le Christ, il faut quand même regarder la poutre qu’on a dans son œil, plutôt que la paille dans celui du voisin", affirme François Ruffin, député La France insoumise, à la suite des propos d'Aurore Bergé, ce mardi à l'Assemblée nationale, sur la gestion de l'affaire Quatennens par LFI.

"Dès le lendemain de son communiqué [d'Adrien Quatennens], j’ai dit que je souhaitais une mise en retrait, qu’elle me paraissait nécessaire, à la fois dans le mouvement et dans le groupe parlementaire", explique François Ruffin ce mercredi sur RMC-BFMTV.

Adrien Quatennens a reconnu avoir été l'auteur de plusieurs faits de violences contre son épouse. Cette dernière a porté plainte, après avoir déposé plusieurs mains courantes. Depuis, il s'est mis en retrait de son poste de coordinateur national de La France insoumise. Pour autant, il est toujours député, même s'il n'est pas présent sur les bancs de l'Assemblée nationale.

"Deux poids, deux mesures"

"Depuis plusieurs semaines, on loue la vertu de celui qui reconnaît des faits de violences conjugales, on entend ceux qui parlent de leur affection pour un homme qui frappe sa femme", a lancé mardi, Aurore Bergé, présidente du groupe Renaissance, lors de la reprise des débats à l'Assemblée.

François Ruffin dénonce, lui, un "deux poids, deux mesures" de la part de la députée.

"Quand on a sur les bancs de Renaissance, aux côtés de madame Bergé, Damien Abad, et manifestement sa démission n’est pas posée sur la table, avec quatre femmes qui l’accusent de viol. Il y en a deux qui ont bu un verre avec lui et qui se sont retrouvées avec une substance chimique et finalement derrière, nues dans une chambre d’hôtel, selon leurs dires", dit-il.

Pour autant, il affirme qu'il "ne s’agit pas de se jeter des cas comme ça tous azimuts". Il évoque d'ailleurs la possibilité qu'Adrien Quatennens, qui conserve son indemnité de député, en donne une partie à des associations.

Une charte pour une meilleure gestion des violences

"Le cœur du sujet aujourd’hui, celui que je veux poser moi, c'est qu’il faut une charte nationale", souligne-t-il. Comment gérer ces situations? Qu'est-ce qui est considéré comme une violence?

'Il y a un temps pour les sanctions internes, mais ça, ça doit être cadré. Aujourd'hui, chacun fait à sa sauce dans son coin. Ce n'est pas seulement les partis, ce sont aussi les syndicats, les associations, les entreprises", dit François Ruffin.

Il faut donc, selon lui, cette "charte nationale de bonne conduite, où les femmes ont la garantie d’une protection et où les personnes mises en cause ont la garantie de pouvoir échanger aussi".

AB