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Procès de l'abattoir du Vigan: "un lieu de souffrance pour les animaux, et les employés dégustent aussi"

Le procès de l'abattoir du Vigan pour la maltraitance animale s'est ouvert ce jeudi. A la barre, un des employés a livré un témoignage poignant sur ses conditions de travail.

"On vit la mort cinq jours sur sept": poursuivi avec deux collègues pour avoir maltraité des animaux dans un procès inédit à Alès, un employé de l'abattoir du Vigan (Gard) a décrit jeudi la pénibilité de leur travail, tout en regrettant sa "brutalité".

La détresse du salarié a interpellé Claire Starozinski, présidente de l'association Alliance anti-corrida, partie civile dans ce procès: "Nous ne sommes pas des intégristes et nous comprenons très bien que pour faire ce travail-là, il ne faut pas avoir de l'empathie pour l'animal. A un moment donné on est obligé de déraper. Il faut absolument des formations et il faut que les gens soient considérés.

On en peut pas faire travailler les gens dans des cadences infernales, on ne peut pas traiter les gens comme des objets qui eux vont traiter à leur tour les animaux comme des objets. Il faut le prendre en compte. Il n'y a pas d'un côté le blanc et de l'autre côté le noir. Il faut qu'on puisse prendre en compte la détresse de ces gens qui font un travail très difficile et que bien peu d'autres gens voudraient faire".

"Derrière, il y a un drame qui se joue"

Sébastien Arsac, porte-parole de L214, a trouvé la défense du principal prévenu bancale, mais il est également touché par son témoignage: "Finalement les abattoirs sont des lieux de souffrance et de mort pour les animaux, et les employés dégustent aussi. Quand on consomme des produits animaux, on demande à des gens par délégation de tuer des animaux, c'est une responsabilité du consommateur. Au-delà de cet abattoir et de cette défense un peu maladroite, on s'aperçoit que les images qu'on a pu diffuser ne sont que le sommet d'un iceberg et que derrière, il y a un drame qui se joue".

Les images diffusées par L214 montrant des animaux mal étourdis, égorgés ou recevant des coups répétés à la matraque électrique avaient immédiatement suscité une vague de réprobation. Quatre mois auparavant, L214 avait déjà révélé une affaire similaire dans l'abattoir municipal d'Alès.

P.B. avec Stéphane Bérenger