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Qui sont les "veilleurs de mémoire" qui surveillent les cimetières israélites ?

Marqués par les profanations de tombes juives, ces bénévoles surveillent les cimetières pour prévenir ces actes. Dans le Haut-Rhin, ils sont 20 à patrouiller dans huit cimetières différents.

Depuis octobre dernier, ils sillonnent les cimetières israélites : "Les veilleurs de mémoire". Ils ont été choqués par les dernières profanations de tombes juives en Alsace, la dernière, c'était au début du mois de décembre au cimetière de Westhoffen dans le Bas-Rhin. Des croix gammées ont été tracées sur plus de 100 tombes. Certains habitants du département ont décidé de se mobiliser et de s’organiser pour prévenir ces actes.

D’un pas assuré, le regard vigilant, Sylvain et Thomas, père et fils, sillonnent les allées du cimetière israélite 2 fois par semaine.

"On est un peu les anges gardiens du cimetière, on regarde par rapport à notre dernière visite pour voir s’il n’y a rien qui a bougé, s’il n’y a rien d’anormal", explique Thomas. 

Ils sont "veilleurs de mémoire", chargés de signaler la moindre anomalie. Les champs de Sylvain, agriculteur bordent le cimetière et pour lui ce lieu est sacré. "Il faut laisser se reposer les morts. On ne touche pas aux sépultures", confie-t-il. 

Les familles rassurées

Une présence qui rassure dans ce dédale de 200 tombes, à l’écart des habitations. Au pied de l’une d’entre elles Ivan Geismar, une partie de sa famille est enterrée ici. "C’est un réconfort et surtout une peur parce qu’on n’habite pas sur place. C’est surveillé donc on peut dormir sur nos deux oreilles. On applaudit des deux mains, ils ont beaucoup de mérite", affirme-t-il. 

Vingt veilleurs de mémoire se partagent pour l’instant 8 cimetières du Haut-Rhin. Seul un bénévole est de confession juive. Un beau message d’espoir pour Laurent Schili, secrétaire général du consistoire israélite du Haut-Rhin en charge de cette initiative. 

"Ça illustre un rapprochement communautaire, un souci de l’autre aussi. Ils ont envie d’aider une communauté qui semble un peu en détresse par rapport à tous ces événements qui s’enchaînent. Et aussi pour montrer qu’on n’accepte pas de tels agissements", souligne-t-il. 

Un premier retour d’expérience sera organisé au mois de mars prochain.

Alfred Aurenche avec Guillaume Descours