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Crise Etats-Unis - Iran: Téhéran annonce "ne plus avoir de limite" sur ses centrifugeuses nucléaires

Dans un communiqué, le gouvernement de la République islamique ne se soumet donc plus à l'accord international sur son programme nucléaire conclu à Vienne en 2015.

La tension continue de monter au Moyen-Orient entre l’Iran et les Etats-Unis. Et cela passe désormais par la violation du traité de Vienne sur le nucléaire.

C'est par un communiqué lu à la télévision, que le gouvernement iranien a annoncé qu'il ne respecterait plus les contraintes concernant l'enrichissement de son uranium. Que ce soit le nombre de centrifugeuses, le degré d'enrichissement de l'uranium ou ses recherches, le pouvoir iranien se retire donc formellement du compromis historique signé à Vienne en 2015. Il n'est pas le premier: Donald Trump avait lui-même déchiré l'accord en 2018. 

Mais cette réponse ressemble surtout à un message envoyé à la communauté internationale l'incitant à faire pression sur Washington pour éviter une escalade.

Dans ce communiqué, le gouvernement de la République islamique indique néanmoins que "la coopération de l'Iran avec l'AIEA [l'Agence internationale de l'énergie atomique, qui soumet son programme nucléaire à un strict contrôle, NDLR] se poursuivra comme avant".

Téhéran ajoute cependant que "le programme nucléaire de l'Iran continuera désormais uniquement sur la base [des] besoins techniques du pays". Jusqu'à présent, la République islamique a toujours indiqué avoir besoin d'enrichir l'uranium à hauteur d'environ 5%, pas plus, niveau suffisant pour produire le combustible nécessaire à la production d'électricité dans une centrale nucléaire.

Le communiqué iranien ne dit pas que les besoins techniques du pays ont changé. Le gouvernement répète en revanche qu'il est prêt à faire machine arrière à tout moment sur ses annonces.

Dimanche, Téhéran a menacé de se venger militairement du raid américain qui a tué le général Soleimani. Les américains redoutent des attaques sur le sol irakien ou en Syrie... où sont déployés des troupes de la coalition anti-djihadistes. Des troupes qui ont annoncé suspendre leur opération contre Daesh afin de se concentrer sur la protection de ses bases dans le pays.

Nicolas Ropert