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Incendies: en Gironde, le traumatisme des habitants évacués pour la seconde fois de l'été

Les incendies qui sévissent sur le territoire, notamment en Gironde, poussent des milliers de personnes à évacuer leur domicile à la hâte sous l’ordre des autorités. Un épisode qui peut s’avérer traumatisant pour certains, comme l’expliquent résidents et élus sur place.

"Une situation extrêmement difficile, ce sont les mots". Vincent Ichard, le maire du village de Moustey (Landes), était invité à réagir ce jeudi sur RMC et RMC Story sur la progression de l'incendie jouxtant sa commune.

Inquiet et fatigué, l'élu décrit l’évacuation des habitants de son village, intervenue ce mercredi après-midi, comme une décision qui a "certes été un peu imposée, mais avec le recul c’était la bonne décision".

Car pour beaucoup, il peut être compliqué d’accepter de tout laisser derrière soi en l’espace de quelques minutes.

"Quitter un logement sans pouvoir prendre dans tous les cas ses animaux domestiques, c’est traumatisant. Je visitais les gymnases d’accueil, où nous recevons les gens déplacés, très temporairement on l’espère, c’est difficile".

"Difficile pour toute la population"

Dans ce type de situation d’urgence, personne n’est d’ailleurs épargné par le choc psychologique provoqué par un tel événement. "C’est extrêmement difficile pour toute la population. Qu’elle soit âgée ou qu’elle soit plus jeune, les enfants sont vraiment perturbés. Les personnes âgées je ne vous dis pas", décrit le maire de Moustey, qui a vu les flammes passer à quelques mètres seulement de certaines habitations du village.

Certaines personnes restent parfois réticentes à l’évacuation de leur domicile. Selon Vincent Ichard , "dans 80% des cas, les évacuations se font sans trop de difficultés. Il y a effectivement dans 20% des cas, des gens avec des bonnes raisons qui disent 'le feu est loin, il n’y a pas urgence, laissez-nous encore quelques temps, le vent va tourner, les pompiers vont l’éteindre'... On a mille arguments, on essaye de convaincre, on est dans la pédagogie, jusqu’au moment où on est obligé d’être plus directif”, explique l'élu.

Des cellules psychologiques en place

À Belin-Béliet, village touché par les flammes de l’incendie girondin, Valérie explique qu’elle "avait repris la vie normalement, mais depuis hier c’est redevenu plus stressant encore. C’est angoissant, et puis c’est désolant surtout pour la nature. Il y a des animaux qui sont en train de mourir. On a une forêt qui est assez importante, et on perd tout ça".

Du côté de Saint-Magne (Gironde), Frédéric se sent lui aussi épuisé par cette deuxième évacuation de son domicile: "On a dû quitter notre logement mardi soir. C’est un peu fatiguant car on a déjà quitté notre logement il y a quinze jours, sauf que là c’est beaucoup plus proche".

“La première fois c’était un peu plus loin de chez nous donc on s’inquiétait un peu moins. La deuxième c’est fatiguant car on s'attendait pas à ce que ça reprenne autant vu que les pompiers étaient encore sur place”

Un suivi psychologique peut donc s’avérer essentiel pour certaines personnes dans ces moments particulièrement complexes.

Sur RMC ce jeudi matin, le président du département de la Gironde, Jean-Luc Gleyze expliquait avoir mis en place des cellules psychologiques "qui reçoivent d’ores et déjà des populations, mais aussi des élus. Certains maires ont été très bousculés par ces incendies, ils ont besoin de s’exprimer".

À Landiras par exemple, une cellule psychologique est ouverte ce jeudi 11 août de 14h à 17h. Il en est de même pour Hostens, tandis qu’un soutien psychologique sera ouvert vendredi 12 août, à compter de 9h30, dans la commune de Salles.

Alexis Lalemant avec Marie Sanz