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François de Rugy culpabilise les citoyens: le ministre ne convainc pas les signataires de L'affaire du siècle

Près de trois heures d'échanges et de débat au ministère de la transition écologique et solidaire. 175 signataires de la pétition "L'affaire du siècle" étaient reçus par François de Rugy, ce mercredi soir.

Plus de deux millions de personnes avaient répondu à la pétition "L’affaire du siècle", lancée par quatre ONG. Parmi elles, 175 ont été sélectionnées pour participer à un débat avec François de Rugis. Les quatre ONG à l'origine de la pétition ne participaient pas, déçues de la réponse du gouvernement qui a rejeté l'accusation d'inaction.

Elles ont annoncé qu'elles déposeraient leur recours pour inaction climatique devant le tribunal administratif de Paris le 14 mars. Des dizaines de signataires ont donc fait entendre leur ras le bol.

"Cessez de nous mentir et cessez de vous mentir"

"On sait ce qu’il faut faire, mais quand est-ce qu’on commence?": Sarah, 26 ans, est l’une des première à prendre la parole, elle réclame l’état d’urgence énergétique.

Une autre jeune femme poursuit: "Ce gouvernement semble se satisfaire des petits pas. Alors, cessez de nous mentir et cessez de vous mentir. Mesdames Messieurs les ministres, vos victimes elles sont là, devant vous et autour de vous. Avec 'L’affaire du siècle', c’est dès aujourd'hui qu’on vous demande des comptes".

"Quand allez-vous commencer à légiférer réellement?"

Dans la salle, beaucoup de mains se lèvent pour interpeller François de Rugy: "Quand allez-vous commencer à légiférer réellement? Vous avez la majorité et vous avez le 49.3 si vous voulez".

Chiffres à l’appui, le ministre répond et assume: "C’est une action de longue haleine. Pour moi, ce n’est pas une opposition entre les petits pas et les grands pas. Je pense que si on devait prendre une métaphore de l’usage de nos pieds et de nos jambes, ce serait plutôt la course de fond".

Beaucoup de jeunes, ingénieurs, chefs d’entreprise, associatifs, sont venus exprimer leur colère, mais aussi leurs idées. Notamment sur les déchets: "Il faudrait imposer une signalétique qui soit simple et unique pour tous les emballages lors du tri".

C’est au tour de la secrétaire d’Etat, Brune Poirson, de répondre: "Il y a des couleurs de poubelles qui changent d’une ville à l’autre donc c’est très compliqué. On va déjà harmoniser les couleurs des poubelles".

"Il existe des freins politiques"

Seules 40 personnes ont pu prendre la parole ce mercredi soir mais le ministre promet d’autres débats dans les prochaines semaines. Pour Alexandra Waltier, ingénieure, signataire de la pétition pour le climat et invitée de la matinale de Jean-Jacques Bourdin ce jeudi 28 février, ce qui freine l’action du gouvernement est la politique elle-même.

Malgré le débat, le ministre ne convainc pas: "On a proposé des solutions techniques mais il existe des freins politiques (…) François de Rugy culpabilise les citoyens".
Caroline Philippe (avec Caroline Petit)