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Indemnisations: "On perd toujours de l'argent", raconte une victime d'inondation

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Après les graves inondations qui ont touché la France à la fin du mois de mai, l’arrêté de catastrophe naturelle a été pris mercredi en conseil des ministres. C’est une étape importante, mais aussi le début d’un chemin administratif qui peut s’avérer compliqué pour les sinistrés.

Quelques jours après les inondations qui ont touché la France dès la fin de mois de mai, 782 communes de 17 départements ont été déclarées en état de catastrophe naturelle. 215 autres dossiers sont encore en attente, comme l'a précisé Bernard Cazeneuve à l'issue du conseil des ministres qui a statué mercredi sur cette décision.

Pour les très nombreux sinistrés qui ont perdu leurs biens dans ses inondations, la reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle est une étape importante, qui va permettre leur indemnisation. Mais les remboursements ne se feront qu'après un parcours administratif qui peut s'avérer long et compliqué pour les sinistrés. Il y a d'abord un calendrier à respecter.

37 litiges pour 2.000 sinistrés

La date de parution de cet arrêté, publié ce jeudi au Journal Officiel, est importante: les assurés ont désormais dix jours pour adresser leur déclaration de sinistre à leur assureur, qui aura à son tour deux mois pour verser une première provision et trois mois pour indemniser intégralement. Certains assureurs, plus flexibles, laisseront toutefois jusqu'au 30 juin aux assurés pour effectuer leur déclaration, selon l'Association française de l'assurance (AFA).

Les remboursements ne seront pas forcément à la hauteur des sommes perdues, et des litiges peuvent apparaître entre sinistrés et assureurs, comme ce fut le cas dans la commune de La Londe-Les-Maures, dans le Var. Certains habitants y ont été inondés deux fois, en janvier et en novembre 2014, et si tous ont été remboursés, 37 ont connu un litige, et tous n'ont pas été indemnisés à la même hauteur.

"Ça a été long et difficile"

Michel, un des 2.000 sinistrés de la commune, en veut beaucoup à son agent d'assurance. "Les travaux m’ont coûté entre 140.000 et 150.000 euros et j’ai été remboursé 118.000 euros", expose-t-il.

"On est tombés sur une conseillère d’assurance qui n’a pas été très sympa avec nous. Ça a été long, ça a été difficile, il y a eu beaucoup de lettres recommandées, des coups de téléphone… Elle n’a pas voulu prendre en compte certaines choses, le jardin, ce que j’avais dans le garage…", énumère Michel.

Pour Jeanine, les remboursements ont été plutôt satisfaisants, même si elle reconnaît que les pertes d'argent sont inévitables. “Les assurances ont réagi très très bien et très vite. A travers les photos que nous avions faites et les factures que nous avons trouvées, l’assurance a fait une balance et ça a pu se passer normalement. On perd toujours de l’argent, parce qu’il y a ce qui se voit et ce qui ne se voit pas", conclut-elle.

C.V. avec Lionel Dian