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Panneaux solaires: "La filière est en train d'exploser", une entreprise au tribunal correctionnel

L'entreprise Open Energie, qui installe des panneaux solaires, est renvoyée devant le tribunal correctionnel de Paris pour pratique commerciale trompeuse après plus de 200 plaintes de clients, selon les informations de RMC. Le GPPEP, l’association qui regroupe les particuliers producteurs d’électricité photovoltaïque, alerte sur les entreprises qui ne respectent pas les règles.

Open Energie est une entreprise qui se présente comme leader du marché de la transition écologique avec 6.000 chantiers par an. C’est donc tout naturellement qu’Emmanuel se tourne vers un de leurs commerciaux pour installer des panneaux solaires sur le toit de sa maison. "C'était un parfait acteur américain. Il m'a dit que je ne paierai plus de facture d'électricité, que je ferai des économies, que j'allais revendre du courant à un tarif réglementé. On s'est dit que c'était une démarche actuelle", raconte-t-il à RMC.

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Interdiction de poser des panneaux solaires à moins de 500 mètres d'une église classée

Quinze jours plus tard, les techniciens posent les panneaux photovoltaïques comme convenu. Mais tout est allé un peu trop vite. Car cet été, Open Energie prévient Emmanuel que son installation est illégale... En fait, le chantier a été réalisé sans autorisation de la mairie. Et comme la maison d’Emmanuel est à moins de 500 mètres d’une église classée, interdiction de poser des panneaux solaires.

Depuis, l’entreprise refuse de les retirer. Et c’est pour ça qu’Emmanuel a fait appel à nous. Il y en a pour plus de 22.000 euros. "C'est plus d'une année de salaire et je n'ai pas mangé ni payé mon crédit. Cela nous ronge, on ne sait plus quoi faire, on voulait faire des économies et un geste pour la planète, et le piège se referme sur nous et on ne s'en sort plus", déplore-t-il.

Nous avons contacté Open Energie. Moins d’une heure après notre coup de fil, notre auditeur a reçu un mail: l’entreprise admet son erreur et accepte finalement de tout désinstaller et d’annuler le contrat.

Selon les informations de RMC, Open Energie et son dirigeant sont renvoyés devant le tribunal correctionnel de Paris pour pratique commerciale trompeuse, à la suite de plus de 200 plaintes similaires. L’audience se tiendra le 9 février prochain.

"Il faut qu'on s'oppose aux sociétés qui ne jouent pas le jeu"

"Aujourd'hui, il faut faire quelque chose pour soutenir la filière qui est en train d'exploser, explique Joël Mercy, président du Groupement des particuliers producteurs d’électricité photovoltaïque, qui accompagne des plaignants. La transition énergétique c'est chouette, cela peut nous faire économiser de l'énergie, mais il faut que cela soit fait dans les règles de l'art et il faut qu'on s'oppose aux sociétés qui ne jouent pas le jeu."

De son côté, Open Énergie dit être "victime de son succès". Son dirigeant admet faire régulièrement face à des procédures en justice. "Nous gagnons 60% de nos procès", nous a-t-il affirmé. Pour pratique commerciale trompeuse, le dirigeant d’Open Energie risque jusqu’à deux ans de prison et 300.000€ d’amende.

-Droit de réponse d'Open Energie:
"La société OPEN ENERGIE présente ses excuses au sujet du dossier de Monsieur Emmanuel ... et procède à l’annulation de son dossier auprès de la banque impliquant remboursement par l’entreprise et une désinstallation des matériels.

OPEN ENERGIE ne saurait néanmoins accepter l’amalgame avec la citation au pénal devant le Tribunal de Paris puisque les faits ne sont absolument pas similaires au reportage de RMC annonçant que 200 plaintes similaires ont été déposées au Parquet. Or les faits reprochés par le Parquet portent principalement sur le point de départ du délai de rétractation. Par conséquent, sans aucun lien avec le reportage ESTELLE MIDI qui porte sur une pose de panneaux solaires dont refus suite à avis des bâtiments de France."

-La rédaction de RMC maintient l'intégralité de ses informations

Amélie Rosique, Joanna Chabas et Elise Denjean