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Risque d’incendie: "Il ne faut pas d'étincelles, la situation est tendue" alertent les pompiers

Avec la chaleur et la sécheresse, le risque d’incendie est très fort dans le sud de la France. Président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France, Grégory Allione appelle à la vigilance ce jeudi dans "Apolline Matin" sur RMC et RMC Story.

De la chaleur, beaucoup de vent et pas de vraie pluie depuis des mois… C’est une fin de semaine à haut risque sur le front des incendies dans le sud-est de la France. La préfecture des Bouches-du-Rhône a décidé de fermer l’accès à tous les massifs forestiers du département ce jeudi. Une grande majorité avaient déjà été interdits d'accès la veille. Les prévisions météorologiques anticipent des rafales de mistral pouvant atteindre jusqu'à 85 km/h, ainsi que des températures élevées. Dans "Apolline Matin" ce jeudi sur RMC et RMC Story, Grégory Allione, président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France, demande aux locaux et aux touristes de faire preuve de la plus grande vigilance.

"Il y a une corrélation forte entre les densités de population et les départs de feu, souligne-t-il. 90 % des départ de feu sont liés à l'activité humaine, dont 70 % liés à de l'imprudence ou à un accident. Ce n'est pas pour priver (la fermeture des massifs forestiers), mais c'est surtout pour protéger. Il y a un lien très fort entre l’étincelle qui va créer une catastrophe et la densité de population. On craint l’étincelle, le mégot de cigarette, le travail en forêt, le barbecue, le pique-nique, avec un feu qui dégénère dans une situation où tout est vulnérable."

"Le vent agit en sèche-cheveux"

Comment expliquer cette situation très inflammable ? "On a des sécheresses récurrentes depuis plusieurs années, une pénurie d'eau depuis le tout début de l'année, des températures qui dépassent l'entendement avec tous les records en mai, juin et en ce moment-même... Et le vent agit en sèche-cheveux sur la végétation, sur des terres surchauffées. Il ne faut pas d'étincelles, c'est pour cette raison que les massifs sont fermés et qu’on appelle à la citoyenneté des touristes et des gens qui vivent dans des zones pour éviter tout départ de feu", répète Grégory Allione. Dans les casernes, les pompiers sont sur le qui-vive, prêts à intervenir le plus rapidement possible.

"La situation est tendue, reconnait le président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers. Il y a deux, trois jours de vent qui nous précèdent. Il y a des températures fortes. A 6h30, à Marseille, il fait quasiment 20°C. Les nuits nous laissent peu de répit. On part pour une journée qui va être longue. Comme on dit en Provence, on se languit de la voir passer, parce qu’on sait qu’elle va être compliquée."
LP