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A Beaumont-en-Véron (Indre-et-Loire), "on ne veut plus du centre de déradicalisation"

Ouvert en septembre 2016, le tout premier centre de déradicalisation en France va-t-il déjà fermer ses portes? Ce samedi, les habitants de Beaumont-en-Véron (Indre-et-Loire) vont en tout cas manifester pour demander sa fermeture. Il faut dire que depuis mercredi celui-ci est vide après la condamnation de son dernier pensionnaire.

Le premier et unique centre de déradicalisation de France a perdu ce mercredi son dernier pensionnaire. Originaire de l'ouest de la France, le jeune homme en question a en effet été condamné mercredi à quatre mois de prison avec sursis pour violences et apologie du terrorisme. Dans ce contexte, quel avenir pour le centre de Pontourny, dans la commune de Beaumont-en-Véron? Si la question est, pour l'instant, en suspens, les habitants de cette petite commune d'Indre-et-Loire ont leur avis. Ce samedi, ils vont manifester pour demander la fermeture de ce centre, installé dans la ville depuis cinq mois.

"On ne veut plus de ce centre de déradicalisation", affirme à RMC, Michel, président de l'association contre le centre de Poutourny, qui habite juste en face du bâtiment. Annie aussi habite juste à côté et, selon elle, ce centre est un gâchis: "Tout cet argent mis pour un bâtiment aujourd'hui vide et qui n'a donc servi à rien, c'est une honte". Car l'Etat a dépensé 500.000 euros pour rénover et sécuriser cette bâtisse du XVIIIème siècle où 28 personnes sont employées.

"Ce dispositif doit permettre d'accueillir davantage de personnes"

Pour autant ce centre demeure utile selon l’aumônier du culte musulman, Yaniss Warrach, qui s'exprime pour la première fois. "C'est un bon projet, estime celui qui y passe six heures par semaine. Les jeunes ne sont pas radicalisés mais ils peuvent se radicaliser si on ne fait rien. Ils voient énormément d'engagement civil et civique autour d'eux. Ils ont même pu partir à Aix-en-Provence découvrir une unité de pompiers".

"Mon travail consiste aussi à leur montrer certaines limites dans leur pratique religieuse qui peuvent poser problème aux autres, poursuit-il. Il a par exemple fallu gérer la question de la poignée de main. En effet, certaines jeunes filles ne voulaient pas serrer la main d'un homme". Ce vendredi se tient une réunion avec les élus locaux pour faire un point sur la situation. Face à eux, il y aura Pierre Pibarot, le superviseur du projet.

"Ce dispositif doit permettre d'accueillir davantage de personnes, assure-t-il. J'ai en ce moment sur mon bureau 14 dossiers. C'est donc que l'on a quand même un programme globalement très intéressant, qui fournit des résultats". Et d'ajouter: "Faire un bilan, c'est d'abord dire ce qui marche. Après, évidemment, il y a toujours des choses à améliorer".

M.R avec Pierre Gallaccio et Marie Monier