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Arrêté anti-burkini maintenu à Sisco: "Nous ne sommes pas racistes et nous ne l'avons jamais été"

Le maire de Sisco, en Haute-Corse, était l'invité de Jean-Jacques Bourdin mercredi.

Le maire de Sisco, en Haute-Corse, était l'invité de Jean-Jacques Bourdin mercredi. - Capture d'écran RMC Découverte

Mardi, le tribunal administratif de Bastia a validé l'arrêté anti-burkini pris par le maire de Sisco, en Corse, où une violente rixe a eu lieu le 13 août sur une plage. Une décision dont se félicite le maire de la ville, Ange-Pierre Sisco, invité de Jean-Jacques Bourdin mercredi. Sur demande de la Ligue des Droits de l'Homme, le Conseil d'Etat devra statuer à son tour sur cet arrêté.

Les circonstances, à Sisco, petite ville de Haute-Corse, sont-elles particulières? C'est la question que devra examiner le Conseil d'Etat, qui a quinze jours pour statuer sur l'arrêté anti-burkini pris par le maire de la commune, Ange-Pierre Vivoni.

Alors que les arrêtés similaires pris par plusieurs autres villes, telles que Nice ou Cannes, ont été invalidés par la justice, le tribunal administratif de Bastia a validé celui de Sisco. Mais l'arrêté doit encore être étudié par le Conseil d'Etat car la Ligue des Droits de l'Homme l'a saisi sur ce sujet.

Un arrêté "fondé" à Sisco

Pour expliquer sa décision, le tribunal a estimé que le maire était fondé à prendre cette mesure "compte tenu des récents événements du 13 août, de leur retentissement et du fait que l'émotion n'est pas retombée".

"La présence d'une femme en burkini sur une plage de Sisco serait de nature à générer des risques avérés d'atteinte à l'ordre public qu'il appartient au maire de prévenir", poursuit-il.

L'arrêté permettrait donc de faire retomber la tension qui règne encore dans la commune, comme l'a souligné Ange-Pierre Vivoni au micro de Jean-Jacques Bourdin. Le Conseil d'Etat aura-t-il la même lecture? Il devrait se prononcer dans les jours qui viennent, sa décision s'imposera au maire de Sisco. Dans cette attente, l'édile se félicite de la décision du tribunal administratif mais ne comprend pas le recours de la LDH. Mercredi, il est revenu sur les événements du 13 août et s'est défendu de tout racisme.

"Etre habillé sur la plage, ça attire l'attention"

"Le burkini n’est pas le premier souci, le premier c’est des photos prises par des touristes sur la plage, et ces touristes ont été prises à partie par des familles maghrébines. Je n’ai pas vu les photos mais ces personnes prenaient des paysages et sans doute, je ne suis pas sûr de ce que je dis, elles ont pris cette personne habillée sur la plage. Je confirme qu’on peut être habillé sur une plage, mais ça attire l’attention des passants. 
Je ne comprends pas la LDH qui persiste et signe, le tribunal administratif de Bastia a demandé que mon arrêté ne soit pas retiré, du fait des faits qui se sont passés le 13 août à Sisco, des faits plus que navrants, une population en révolution du fait qu’on a frappé des enfants. Ça n’a pas été parce que c’était des maghrébins, pas du tout, nous ne sommes pas des racistes et nous ne l’avons jamais été. 
Tout ça a fait beaucoup de grabuge et la tension n’est pas retombée du tout à Sisco, c’est pour ça que je souhaite maintenir jusqu’au 30 septembre cet arrêté."
C.V. avec Aurélia Manoli