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Blagnac: la prise d'otages filmée et diffusée en direct sur Facebook

Dès mardi après-midi, un jeune homme de 17 ans, avait retenu 4 femmes en otages dans un bar-tabac de Blagnac. Aucune personne n'a été blessée, aucun coup de feu tiré. Une prise d’otages, filmée et diffusée sur Facebook en direct.

Le jeune preneur d'otage de Blagnac a donc filmé une partie de sa prise d'otage, et l'a diffusée en direct sur Facebook. Sur cette vidéo, on le voit notamment ordonner à ses otages de monter à l'étage, on aperçoit également son arme braquée sur elles.

On l'entend également s'adresser à un certain Nathan, qui, on le devine, est en train de regarder la vidéo.

"Je fais juste ça pour que les gens vivent mieux"

À la fin de la séquence, le preneur d'otage se filme face caméra. "Les gars, je suis pas un terroriste", assure-t-il. "Je fais juste ça pour que les gens vivent mieux. Je leur ai fait aucun mal".

Le maire de Blagnac, Joseph Carles était l'invité de la matinale de Jean-Jacques Bourdin ce jeudi 9 mai. Il a pu s'entretenir avec les 4 otages, qui ne comprennent toujours pas les motivations du jeune hommes: "Les 4 otages m'ont dit: 'Il n'est pas venu pour braquer, il est venu pour autre chose' et cet 'autre chose' j’espère que l’enquête nous dira ce que c'est parce que pour l'instant c'est le flou total".

Une vidéo, que Facebook a donc été incapable de censurer en direct. Un problème insoluble, dans la mesure, où il est impossible de mettre un salarié de Facebook derrière chaque live car des dizaines de milliers de Facebook Live ont lieu en même temps.

La firme américaine fait donc appel à des algorithmes d'intelligence artificielle. Des outils, qui ne sont pas encore assez élaborés pour être réellement efficaces. En clair, aujourd'hui Facebook est uniquement capable de censurer une vidéo a posteriori, une fois que son contenu a été signalé par des utilisateurs.

L'entreprise américaine pressée de prendre des mesures pour éviter cela

L'entreprise américaine est pourtant pressée par la communauté internationale de proposer rapidement des solutions. Après l'attentat de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, lors duquel le terroriste avait également diffusé le massacre en direct sur Facebook, l'entreprise américaine avait promis de prendre des mesures pour éviter cela.

Cette question de la régulation des contenus sera d'ailleurs l'objet d'une rencontre demain à l'Elysée, entre le PDG de Facebook Marck Zuckerberg et Emmanuel Macron.

Marie Regnier (avec Caroline Petit)