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Boîtes de nuit en centre-ville: l'appel d'un propriétaire aux préfets pour améliorer la sécurité

Alors que le maire de Metz, excédé par les incivilités causées par les boîtes de nuit, veut interdire les discothèques en centre-ville, le milieu du monde de la nuit se rebelle. Les propriétaires affirment faire tout ce qu'ils peuvent notamment en termes de sécurité, mais dénoncent le fait que les vigiles ne peuvent pas agir sur la voie publique.

C’est l’expression d’un ras-le-bol. Le maire de Metz, François Grosdidier, ne veut plus de boîtes de nuit en centre-ville. Il dénonce les incidents et les actes d’incivilité autour de ces bâtiments la nuit. “Toutes les nuits, le week-end, nous avons des clients, par dizaines, qui sortent enivrés, qui hurlent, qui se battent dans la rue, qui sont menaçants… Et c’est jusqu’à tôt le matin”, expliquait-il jeudi matin sur RMC.

Il réclame que les boîtes de nuit soient délocalisées en périphérie des villes, dans des zones qui sont moins habitées pour éviter les perturbations pour les riverains. Un propos que ne comprend pas Thierry Fontaine, responsable des établissements de nuit à l’Umih et patron de discothèque.

“Sur les incivilités, une boîte de nuit se doit de gérer sa clientèle. Et on le fait, en général. Nous à Lyon, ça se passe quand même plutôt bien. Il ne faut pas généraliser et jeter l'opprobre sur toute une profession juste parce qu’il y a un ou deux établissements qui ne fonctionnent pas très bien", explique-t-il dans “Estelle Midi” ce jeudi sur RMC et RMC Story.

Les jeunes ne veulent plus aller dans les boîtes de nuit en périphérie

Il en profite pour mettre la pression sur les préfets. "Je vous rappelle qu’un agent de sécurité privé, comme on emploie dans les boîtes de nuit, n’a pas le droit d’agir sur la voie publique. C’est la loi qui nous l’interdit. Si demain, j’ai un de mes agents qui se fait attraper dans la rue, c'est une amende et une fermeture administrative. Donc il faut que les préfets autorisent les services de sécurité interne à la boîte de nuit à agir dans un périmètre défini. Il faut qu’on travaille main dans la main à réduire les nuisances quand il y en a”, ajoute-t-il.

Cependant, pour lui, les boîtes de nuit ne peuvent plus, comme c’était le cas par le passé, se situer en dehors des villes.

“Aujourd’hui, les boîtes à l’extérieur des villes, elles ne fonctionnent plus parce que les jeunes veulent rentrer en trottinette, en taxi, à pied. Quand vous rentrez d’une boîte extérieure, un taxi, ça coûte une centaine d’euros alors qu’en ville, c’est 20 ou 25 euros”, assure-t-il.

La sortie du maire de Metz a en tout cas provoqué la colère des patrons de discothèques dans sa ville. Olivier Molari, le patron du Channel, a notamment indiqué à France Bleu qu’il craint un délaissement des centres-villes.

Guillaume Descours