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Comment gérer l'excitation des enfants avant Noël? "Eviter de s'énerver"

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Le Père Noël passe dans quelques heures et certains enfants peuvent parfois avoir un enthousiasme difficile à contenir. Pour le pédopsychiatre Stéphane Clerget, il faut éviter les réprimandes et engager une discussion pour apprendre aux enfants à apprivoiser leur impatience.

Stéphane Clerget est pédopsychiatre, il est l'auteur, entre autres, de Parents, osez vous faire obéir (Albin Michel):

"Il faut éviter de s'énerver parce que cette impatience est traditionnelle et que ce serait dommage d'y répondre par l'énervement. C'est l'occasion d'apprendre positivement la frustration et la patience aux jeunes enfants. C'est quelque chose qui s'acquiert progressivement, c'est normal que les jeunes enfants soient impatients. Pour eux, c'est tout, tout de suite. La capacité de différer, c'est le propre des grands enfants et des adolescents et encore, certains ont du mal.

Mais il faut apprendre aux enfants à la nourrir et profiter de ce moment-là pour parler avec eux de Noël. Les faire parler de leur futur cadeau, les faire expliquer ce qu'ils vont faire avec. C'est l'occasion de discuter, de rêver ensemble de l'objet attendu. 

"Apprend à l'enfant à anticiper"

Ce qui est intéressant c'est d'échanger, d'apprendre à l'enfant à anticiper à élaborer mentalement, à rêver à imaginer, à réfléchir sur ce qu'il pourrait faire de son objet. C'est cette attente-là qui présente un intérêt éducatif. Ce n'est certainement pas de le disputer.

A la remise des cadeaux, si l'enfant est jaloux et parle du jouet d'un autre plutôt que de son jouet, ça pose question. Ça montre qu'on a un enfant qui a du mal à profiter de ce qu'il a, et donc il faut s'intéresser au jouet qu'il a. Et on se met à jouer avec l'enfant et son jouet à lui. La qualité du présent, c'est aussi ce que l'enfant va en faire, et l'attention que les autres vont lui porter. D'une manière générale, ça révèle que l'enfant a du mal à jouir de ce qu'il a et que pour lui l'herbe du voisin est plus verte. C'est un révélateur. Il faut le plaindre de ça et non pas le disputer. Ce serait une erreur et ça lui renverrait une mauvaise image de lui.

Et pourquoi pas un cadeau commun?

Il faut l'aider à profiter de ce qu'il a. Et ce qui est intéressant quand il y a des enfants en compétition, si on en a les moyens, c'est d'offrir des cadeaux communs. La meilleure façon de leur apprendre le partage c'est d'offrir un cadeau qui n'appartient ni à l'un, ni à l'autre mais au deux. C'est bien de leur apprendre la propriété, mais c'est bien aussi de leur apprendre le collectif. Mais à partir du moment où on offre un cadeau commun, il faut assurer derrière et gérer les disputes, les conflits.

Pendant longtemps, les enfants étaient élevés de manière beaucoup plus collective, moins individuelle. L'éducation plus récente a favorisé l'individualisme avec du positif comme du négatif.

Et si l'enfant est déçu, on est désolé pour lui, on le console et on lui propose de jouer au ballon dehors. Mais on ne le dispute pas. On l'entend, mais après tout, c'est la faute du Père Noël".

Propos recueillis par Paulina Benavente