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Comparateur de prix des maisons de retraite: "Les à-côtés on ne les verra pas"

Le gouvernement lance jeudi sur internet le premier comparateur des prix sur les établissements pour personnes âgées. Sur le modèle du comparateur de voyageur, la plateforme devrait permettre plus de transparence sur les tarifs pratiqués dans 6 767 Ehpad, soit 91% des établissements du territoire.

L'idée de ce comparateur est simple: pouvoir comparer les tarifs de base (accueil hôtelier, chambre, salle de bain, nettoyage, restauration, blanchissage, animation et administration générale) pour une sélection de deux ou trois Ehpad à la fois.

Aujourd'hui, les prix varient du simple au double entre le public et le privé, mais aussi selon les régions. Comptez 1 804 euros par mois hors Île-de-France dans le privé et 2 418 euros en moyenne à Paris. Quand on sait que la pension de retraite des Français est en moyenne de 1 250 euros, on comprend que c'est un problème.

"On a des choses dont vraiment on n’a pas l’utilité"

Sans compter qu'au tarif de base, il y a toujours des frais supplémentaires comme le téléphone, le coiffeur les produits d'entretien. Des "options" qui peuvent faire grimper la note de 200 euros par mois. Thérèse, 98 ans a ainsi visité plusieurs maisons de retraite à plus de 4000 euros par mois. "J’en ai cherché trois la même année. Les pièces sont grandes, il y a une salle de cinéma, une salle pour recevoir votre famille ou vos amis. On a des choses dont vraiment on n’a pas l’utilité".

Autant d'options qui font grossir le prix de base de la pension. On proposait même a Thérèse un podologue ou un coiffeur, des services que le comparateur de prix du gouvernement ne prend pas en compte dans ses calculs. C’est ce qui inquiète Claudette Brialix, vice-présidente de la fédération nationale des associations de personnes âgées. "Cela va comparer les éléments obligatoires dans un établissement. Tout les à-côtés on ne les verra pas".

"Cela ne donne aucun élément"

Autre critique du comparateur, il n'y aura rien sur le niveau des prestations proposées, dénonce Nadine Cadinot, directrice de l'ephad la Pirandelle à Paris. "Cela dépend de l’équipe en place, des humains, de l’animation, des soins, du personnel médical et paramédical. Donc ça ne donne aucun élément".

L'association des Directeurs de maison de retraite demande la création d'un système de notation des établissements avec des étoiles comme pour l'hôtellerie.

Romain Poisot (avec AM)