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Conférence de presse: Emmanuel Macron vous a-t-il convaincu?

Emmanuel Macron a dévoilé jeudi soir un ensemble de mesures en conclusion du "grand débat".

Pendant près de trois heures jeudi soir, le chef de l’Etat s’est exprimé devant la presse, conviée à l’Elysée. Il a donné ses grandes orientations pour les années à venir. Baisses d’impôt, réforme de l’administration, climat et éducation comme priorité… Il a voulu, dit-il, apporter des "réponses aux justes revendications" à l’origine du mouvement des "gilets jaunes". Mais a-t-il convaincu les Français? 

Car c’est d’abord sur le pouvoir d’achat qu’Emmanuel Macron veut agir. Il promet une baisse d’impôts de 5 milliards d’euro. En réduisant de manière significative l’impôt sur le revenu. Cela passera par une "suppression des niches fiscales, la nécessité travailler davantage, et une réduction des dépenses publiques". 

Emmanuel Macron l’a dit, il n’est pas favorable à la suppression d’un jour férié. Il ne veut pas non plus toucher à l’âge légal de départ à la retraite. Cela restera 62 ans. Il assure aussi une pension de retraite minimale de 1.000€ par mois pour tous ceux qui ont travaillé toute leur vie. Il annonce par ailleurs que pensions de retraites inférieures à 2.000€ seront réindexées sur l’inflation dès l’an prochain et qu’à partir de 2021, il n’y aura plus de sous-indexation des retraites.

De quoi contenter Cédric, en vacances, qui a suivi l’intervention en direct devant son poste de télévision pour RMC:

"La forme était sympathique, ça change des discours habituels où c'est bien cadré... Là, il est plus orienté vers les familles, vers les citoyens. Travailler plus et payer moins d'impôts, ce serait intéressant pour pas mal de monde. Il va dans le sens de calmer le plus de monde possible". 

Des mesures pour tout le monde?

Emmanuel Macron s’est aussi attaché à redonner du pouvoir au niveau local. Des services publics à moins de 30 minutes avec la création de Maison France dans chaque canton.

Il s’engage aussi à ce qu’il n’y ait plus de fermeture d’hôpital ou d’école d’ici la fin du quinquennat. Il fixe un objectif de 24 élèves maximum par classe de la maternelle au CE1.

Pour y parvenir, il est prêt à renoncer à la suppression de 120.000 postes de fonctionnaires. Pour ce qui est des hauts fonctionnaires, Emmanuel Macron se dit favorable à la suppression de l’ENA.

A l’Assemblée, le président s’engage sur l’introduction d’une dose de proportionnelle de l’ordre de 20%. Il souhaite aussi une baisse de nombre de parlementaires de 25 à 30%. La réforme constitutionnelle sera présentée à l’été.

"J'attendais beaucoup de choses"

En revanche, il n’y aura pas de vote obligatoire, pas de reconnaissance du vote blanc, pas de RIC non plus. Mais Emmanuel Macron veut une simplification du référendum d’initiative partagée, en abaissant le seuil de signatures à 1 millions de citoyens pour le déclencher.

Pour Géraldine, "gilet jaune" à Saint-Brieuc, ce n’est que déception.

"J'attendais beaucoup de choses et je me rends compte qu'en fin de compte, par rapport aux revendications du peuple par rapport aux injustices sociales, il n'en ressort rien. Donc moi, ça va rien changer à ma situation: je suis demandeuse d'emploi. Ca fait 5 ans que je suis dans la précarité après 14 ans d'ancienneté dans une entreprise. Ce que fait notre Président, c'est qu'il nous écoute, il nous entend, mais il ne nous répond pas. Là, il m'a écoeuré".

En fin d’allocution, Emmanuel Macron a dit regretter d’avoir donné le sentiment d’être dur ou injuste avec les Français. Il souhaite un patriotisme inclusif, remettre l’humain au cœur du système, et demande à chaque citoyen de donner le meilleur de lui-même.

Matthieu Rouault avec Xavier Allain