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Covid-19: comment Paris et l'Ile-de-France ont échappé au confinement le week-end (pour le moment)?

Dans les 20 départements surveillés, certains ont vu leur taux d'incidence monter en flèche: c'est le cas du Pas-de-Calais et la Seine-Saint-Denis, qui dépassent les 400 cas pour 100.000 habitants sur sept jours, bien au-dessus du seuil d'alerte maximale fixé à 250 par les autorités sanitaires.

Ca passe pour Paris et sa région, mais le Pas-de-Calais n'échappera pas au confinement le week-end: face à l'épidémie de Covid-19 qui ne ralentit pas et la tension dans les hôpitaux, le gouvernement a annoncé ce jeudi soir de nouvelles mesures restrictives jeudi.

"Nous constatons de fortes tensions sur le système hospitalier, une hausse du nombre de cas mais pas une explosion, sans homogénéité territoriale (...) Mais un confinement national ou le week-end n'est pour nous qu'un dernier recours", a ainsi expliqué une source gouvernementale, sans même attendre la conférence de presse du Premier ministre Jean Castex jeudi, ce soir à 18h.

Selon cette source gouvernementale, ces restrictions vont être appliquées dans ces départements, au cas par cas et en concertation avec les élus locaux, visant en particulier les lieux de brassage. Mais l'objectif de l'exécutif est d'éviter au maximum le reconfinement local, au moment où des pays voisins comme la Grande-Bretagne ou l'Allemagne passent au déconfinement progressif.

"On s'approche du mur mais on n’est pas encore au pied du mur"

Alors comment expliquer que l'Ile-de-France passe entre les gouttes, alors que certaines situations épidémiques sont jugés très critiques localement, notamment en Seine-Saint-Denis? 

Ainsi, dans les 20 départements surveillés, dont toute la région parisienne, touchée par le variant anglais du virus plus contagieux, certains ont vu leur taux d'incidence monter en flèche. C'est le cas du Pas-de-Calais et la Seine-Saint-Denis, qui dépassent les 400 cas pour 100.000 habitants sur sept jours, bien au-dessus du seuil d'alerte maximale fixé à 250 par les autorités sanitaires. 

La réponse est simple: Emmanuel Macron ne voulait pas confiner l'Ile-de-France. "Pas de mesures radicales tant que tout n'a pas été tenté" a-t-il fait savoir dès le début de la semaine à son gouvernement.

Il faut dire que risque politique est bien plus élevé dans la région capitale que dans le Pas-de-Calais. Un certain nombre d'élus comme la maire de Paris ou le président du département de la Seine-Saint-Denis sont montés au créneau. Un risque également jugé trop élevé face au risque de non-respect de la mesure.

"On s'approche du mur mais on n’est pas encore au pied du mur", indiquait jeudi soir un proche du Premier ministre à RMC, qui expliquait que "confiner un ou deux départements en Île-de-France n'avait strictement aucun sens". 

Cela pose pourtant problème dans certains départements: la situation de la Seine-Saint-Denis est quasi-identique à celle du Pas-de-Calais. Et la situation est critique dans le Val-de-Marne et le Val-d'Oise. 

Vers l'annonce de nouvelles restrictions

Pour tenter de renverser la tendance, le gouvernement devrait annoncer ce jeudi soir la mise le déploiement de nouvelles doses de vaccins. 35% de doses en plus ont déjà demandé les services de la région Ile-de-France. Le gouvernement qui réfléchit aussi à accélérer la campagne, les pharmaciens pourraient être très prochainement mis à contribution.

Des restrictions locales seront par ailleurs annoncées par les préfets, interdiction d'accès à certaines zones, nouvelles jauges dans les commerces ou encore interdiction de la vente d'alcool sur la voie publique dans certains secteurs de la région. 

Jérémy Trottin avec Xavier Allain